Ce drame banalisé !
On s’émeut forcément face à un crash aérien. Car, à presque tous les coups, les victimes sont nombreuses. Trop… d’un seul coup. Selon l’Agence internationale du transport aérien (IATA), douze accidents mortels ont été enregistrés en 2014, entraînant la mort de 641 personnes. Ces chiffres ne tiennent pas compte du crash du vol MH17 de la Malaysia Airlines, abattu en juin 2014 en Ukraine, puisqu’il ne s'agit pas d'un accident : ce drame a causé la mort de 298 personnes.
Pour autant, l’IATA se veut rassurante, estimant que les performances de l'aviation en termes de sécurité continuent à s'améliorer. En effet, sur la période de 2009 à 2013, une moyenne de 19 accidents, pour 517 décès par an, a été enregistrée. Ce qui fait dire à l’IATA que le taux d'accidents est «le plus faible» de l'histoire de l'aviation (0,23 accident pour un million de vols), soit un accident pour 4,4 millions de vols. Ce taux était de 0,41 en 2013. Reste que les compagnies aériennes vont continuer à améliorer leur niveau de sécurité, l’IATA ayant décidé d’imposer, dès 2016, le suivi minute par minute des avions en cas d'incident. Une décision qui fait suite à la disparition mystérieuse du vol MH370 de Malaysia Airlines, le 8 mars 2014, avec 239 personnes à bord.
Mais que peut-on face à des pilotes qui veulent délibérément se donner la mort, en emportant dans leur dessein macabre les passagers qu’ils transportent ? Rien. On a pu d’ailleurs le constater avec le vol 9525 Germanwings qui s’est écrasé, le 24 mars, dans les Alpes, en France. Par la volonté d’un pilote dépressif qui se serait suicidé, tuant avec lui 144 passagers et 6 membres d'équipage.
Le Maroc aussi n’est pas épargné par ces drames. Mais ici, ça ne se joue pas dans les airs, mais plutôt sur les routes. Qui font tellement de morts chaque année qu’on en arrive, malheureusement, à presque les banaliser. Depuis plusieurs années maintenant, le décompte macabre est quasiment le même, au point de devenir, dans la conscience collective, une normalité : les routes marocaines tuent quelque 4.000 personnes par an, faisant des veuves, des orphelins…, sans compter les nombreux blessés graves qui traîneront des séquelles toute leur vie. Et le coût socioéconomique est tout autant élevé, soit plus de 11 milliards de DH par an (ou 2% de PIB).
Que fait-on ? La réforme du code de la route, annoncée en grand fanfare, n’a rien donné. Le Plan stratégique intégré d’urgence 2008-2010 non plus.
Tant que certaines pratiques perdureront, notamment le laxisme des autorités, la corruption, l’irresponsabilité des conducteurs… ces routes assassines continueront malheureusement à tuer.
Par David William





