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2025, une année de croissance tombée du ciel

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 11 Juin 2026 à 18:02
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2025, une année de croissance tombée du ciel

A première vue, les comptes nationaux publiés par le haut-commissariat au Plan (HCP) ont de quoi rassurer. Ils montrent, en 2025, une croissance de 4,9% contre 4,4% en 2024, une inflation contenue à 1,6%, un investissement qui s’accélère fortement et un revenu national brut disponible qui progresse.

Après plusieurs années de stress économique, le Maroc semble retrouver une forme de stabilité. Pourtant, ces chiffres encourageants cachent une réalité que l’économie nationale peine toujours à dépasser : sa dépendance persistante à la pluie. Car si la croissance s’est améliorée, c’est avant tout grâce au retour des précipitations. En 2025, la valeur ajoutée agricole a bondi de 8,2% après avoir reculé de 5,7% l’année précédente.

Cette seule performance explique une large part de l’accélération du PIB national. Pendant que l’agriculture retrouvait des couleurs, la croissance des activités non agricoles ralentissait, passant de 5,1% à 3,9%. Autrement dit, sans le rebond agricole, la croissance marocaine aurait été nettement moins flamboyante. Le constat n’est pas nouveau. Depuis des décennies, les économistes marocains observent ce phénomène presque mécanique : quand il pleut, la croissance s’améliore; quand la sécheresse s’installe, elle ralentit.

Une réalité qui rappelle que, malgré les avancées industrielles, touristiques et technologiques enregistrées ces dernières années, l’agriculture continue de peser bien au-delà de sa contribution directe au PIB. Elle influence l’emploi rural, la consommation des ménages, les revenus des campagnes et, in fine, la dynamique générale de l’économie.

La campagne 2025 a bénéficié d’un contexte hydrique exceptionnel. Après plusieurs années de stress aigu, les précipitations abondantes ont permis une reconstitution spectaculaire des réserves en eau.

Début juin 2026, le taux de remplissage global des barrages du Royaume dépassait 75%, contre moins de 40% à la même période un an auparavant, avec des réserves supérieures à 12,8 milliards de mètres cubes. Mais cette embellie soulève également une interrogation plus profonde.

Comment expliquer qu’en 2025, alors que le Maroc investit massivement dans les infrastructures, l’industrie automobile, l’aéronautique, les énergies renouvelables ou encore le numérique, le facteur déterminant de la croissance demeure encore la pluviométrie ? La question n’est pas anodine. Elle renvoie à l’un des grands défis du modèle économique national : réduire progressivement la sensibilité du PIB aux aléas climatiques. Car si les barrages débordent aujourd’hui, personne n’a oublié qu’ils affichaient des niveaux historiquement bas il y a encore quelques mois.

Le Maroc a certes multiplié les réponses structurelles à travers notamment le dessalement de l’eau de mer, l’interconnexion des bassins hydrauliques, la généralisation progressive de l’irrigation goutte-à-goutte, la construction de nouveaux barrages et la réutilisation des eaux usées traitées. Mais les comptes nationaux de 2025 montrent que la transition vers une croissance totalement découplée des précipitations est encore loin d’être achevée. C’est dire que le défi, aujourd’hui, est de bâtir une économie suffisamment diversifiée pour continuer à croître même lorsque le ciel décide de fermer le robinet. 

 

Par F.Z Ouriaghli

 

 

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