Appelez-le AMC !
Ne l’appelez plus le Conseil déontologique des valeurs mobilières ! Le CDVM change de nom pour devenir désormais Autorité du marché des capitaux (AMC). Le projet de loi, présenté par le ministre de l’Economie et des Finances, a été adopté par le dernier Conseil de gouvernement tenu en milieu de semaine dernière.L’autorité qui veille sur notre épargne ne change pas seulement de dénomination. En effet, ce projet de loi consacre, tout autant, son indépendance et élargit ses prérogatives.
Cette réforme n’est pas une surprise en soi. Elle était attendue depuis belle lurette. Mais mieux vaut tard que jamais.
Avec un rayon d’action plus important et une liberté d’action qui devrait lui permettre de mieux assurer sa mission de protection des épargnants, le gendarme du marché devrait donc jouer un rôle autrement plus important dans la régulation et la transparence du marché des capitaux. On l’espère en tout cas. Car, aujourd’hui, l’occasion et les moyens lui sont donnés d’instaurer définitivement une discipline financière dans une place où certains intervenants usent et abusent de leur position pour verser parfois dans une certaine délinquance financière.
Aujourd’hui, pour un marché qui aspire à l’efficience et qui veut attirer les investisseurs internationaux, nous avons plus que besoin d’une autorité forte, intransigeante et impartiale. Pour en finir définitivement avec cette étiquette laxiste qui lui collait à la peau et que beaucoup d’observateurs décriaient.
A l’évidence, le patron de l’AMC a une chance historique d’entrer dans l’histoire. D’être celui qui participera à la mise en place d’une institution respectable et respectée oeuvrant strictement pour la préservation des intérêts des épargnants. Il en a désormais les moyens. Des moyens que n’avaient certainement pas ses prédécesseurs, souvent contraints de faire des arbitrages en défaveur des petits porteurs et au bénéfice exclusif de quelques privilégiés.
Par Fatima Ouriaghli





