Article 51
Dans un contexte où le Souverain vient d'annoncer des réformes constitutionnelles profondes, certaines intelligences ont subitement vu la nécessité d'abroger l'article 51 de la Constitution (voir pages 10 et 12) qu'elles estiment «anti-démocratique». Abrogation qui permettrait, selon elles, de «donner plus de pouvoir au Parlement».
Il est pourtant important, au moment où le Maroc est en train de franchir un cap majeur, de faire preuve d'un peu de retenue, pour ne pas dire de discernement. Car, il faut se poser une question et une seule : l'article 51, certes brandi à outrance à une certaine époque par différents argentiers du Royaume, nuit-il à l'économie marocaine ? A l'évidence non.
Si l'économie marocaine en est arrivée à ce stade aujourd'hui, c'est certes grâce aux nombreuses réformes initiées sous l'impulsion du Souverain, mais c'est également parce que ceux qui ont eu en charge les finances du pays ont scrupuleusement veillé à la préservation des équilibres macro-économiques. Ceci entraîne cela : au plus fort de la crise, tous les observateurs ont salué la résilience dont a fait preuve l'économie nationale.
Faut-il changer une équipe qui gagne ? C'est la question que tout le monde devrait se poser. Car abroger l'article 51, ce serait juste une démarche purement politique visant à remettre les clés de l'économie nationale à des parlementaires dont la plupart n'ont plus aucun crédit aux yeux de ceux qui les ont élus. Parce qu'ils servent leurs intérêts et non ceux du citoyen. Parce qu'ils sont davantage soucieux de ce que peut leur apporter leur statut que de ce qu'ils peuvent faire pour la collectivité. Parce que, souvent, au moment où se prennent des décisions importantes pouvant impacter le quotidien des citoyens, ils font l'école buissonnière, offrant le spectacle d'un hémicycle tristement désert. Parce que, tout simplement, les idéaux ont volé en éclats.
A ces élus, doit-on donc donner davantage de pouvoir, surtout lorsque l'on sait que les idéaux survivent rarement au pouvoir ? A méditer.
Par Fatima Ouriaghli





