Finances News HebdoFinances News Hebdo
Editoriaux

Autocongratulation

FNPar Finances News
|Publié le 14 Septembre 2017 à 09:58
Partager

 

L’on se doutait bien que le gouvernement n’allait pas se tirer une balle dans le pied. En dressant son bilan lundi dernier (4 septembre) à Rabat, la majorité gouvernementale s’est en effet livrée à un exercice d’autocongratulation époustouflant. Dans un document intitulé «120, 120 mesures», elle a consigné les quatre mois de son action.

Quatre mois à l’issue desquels un mot ressort : la satisfaction, comme l’a déclaré le président du Rassemblement National des Indépendants (RNI), Aziz Akhannouch.

Le secrétaire général du Mouvement Populaire (MP), Mohand Laenser, a même dit beaucoup mieux, qualifiant le bilan gouvernemental d’«honorable», au regard des réalisations "importantes" accomplies durant 120 jours.

Même posture pour les autres chefs de parti, que ce soit le premier secrétaire de l'Union socialiste des forces populaires (USFP), Driss Lachgar, le secrétaire général du parti de l'Union constitutionnelle (UC), Mohamed Sajid, ou encore le membre du parti du Progrès et du Socialisme (PPS), Abdelouahed Souhail.

Deux leçons sont à tirer de cet exercice du gouvernement dirigé par Saad Eddine El Othmani :

- Primo : le gouvernement s’exprime à l’unisson, sans voix dissonante. Cette cohésion est pour le moins importante pour la bonne conduite des affaires du Royaume et pour l’efficacité de l’action gouvernementale. Cela n’a pas toujours été le cas, notamment du temps de Abdelilah Benkirane, où les guéguerres au sein de la majorité avaient donné une piètre image des politiques et, surtout, quelque peu pris en otage l’économie.

- Secundo : l’objectivité aurait voulu que la majorité fasse aussi son autocritique. Car, durant ces quatre mois, ce qui est surtout resté dans la mémoire collective, c’est d’abord la gestion catastrophique du dossier Al Hoceima par le gouvernement. Un naufrage collectif qui a provoqué la colère royale, au point de priver certains ministres de congés annuels. Il y a, ensuite, la réforme du régime de change, orchestrée pendant plusieurs mois par Bank al-Maghrib, et enterrée du jour au lendemain par El Othmani, sur la base d’arguties ténues.

Cela dit, il va falloir encore attendre pour mieux juger l’action gouvernementale, notamment sur le plan de l’éducation, de l’emploi ou encore sur la réforme du système des retraites, dossier sur lequel les syndicats attendent le gouvernement de pied ferme. ■

 

 

Articles similaires