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Budget 2012 : Grosses contraintes

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 1 Mars 2012 à 09:54
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La Loi de Finances 2012 se fait toujours attendre. Pour sûr, le premier projet déposé par le précédent gouvernement, qui sert certainement de base de travail, sera profondément remodelé. Afin qu’il soit en phase avec les engagements électoraux de l’équipe dirigeante, mais surtout afin qu’il s’adapte aux contraintes économiques nationales et internationales actuelles.


La tâche ne sera pas aisée. Et l’une des grandes priorités sera de réduire le niveau élevé du déficit budgétaire estimé à 7,1% (hors recettes de privatisations) par Bank Al-Maghrib. D’ailleurs, l’ambition du gouvernement est de le ramener à 5% en 2012 et à 3% à l’horizon 2016. Le premier levier à actionner sera ainsi la Caisse de compensation dont les charges ont littéralement explosé l’année dernière, creusant de fait le déficit. Aujourd’hui, tout le monde s’accorde sur la nécessité de réformer la Caisse. Mais la question est plutôt de savoir quelle solution sied le mieux au contexte actuel. Si le ciblage fait son chemin, l’idée d’une hausse des prix de certains produits subventionnés n’est pas à écarter. L’objectif étant que les subventions bénéficient à la population la plus démunie. Pour autant, quelle que soit la formule retenue, cette réforme va faire des vagues. Les lobbies vont, en effet, s’activer car des privilèges vont sauter. Et une hausse des prix sera forcément source de grogne sociale.

L’autre levier va être activé par le Trésor qui s’est d’ailleurs réuni récemment avec les IVT. Pour financer le déficit, il est prévu de recourir, comme l’année dernière, massivement au marché intérieur, avec des levées brutes estimées entre 100 et 105 Mds de DH, soit 45 milliards de levées nettes, déduction faite des remboursements du Trésor qui prévoit d’ailleurs d’apurer pratiquement 16 Mds de DH d’arriérés. Cette initiative pourrait être couplée avec une sortie sur le marché international, comme cela s’est fait en 2010 : il s’agira alors d’émettre un emprunt obligataire d’un montant d’un milliard d’euros. Quand bien même le Maroc dispose d’une bonne signature comme il l’a prouvé par le passé, l’environnement économique international actuel, peu favorable, autorise-t-il une telle opération ? Le débat est ouvert. Face à toutes ces contraintes, le projet de Budget 2012 ne sera pas si ordinaire… dans ce contexte assez particulier. C’est peu de dire que pour son baptême du feu, le PJD manque de pot : explosion du déficit, crise de la zone euro, cours du baril du brut qui flirte avec les 110 dollars…, autant d’ingrédients qui peuvent lui pourrir sa législature. Mais de sa capacité à faire face, dépendra certainement son avenir sur la scène politique nationale. Et comme le disait Lionel Jospin, «un gouvernement ne peut se contenter de gérer l'opinion et d'esquiver les difficultés, il doit aussi régler les problèmes». Des mots transparents pour qui sait lire.


David william

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