Camouflets
Le nouveau projet de résolution sur le Sahara sera très bientôt soumis au vote, avec probablement une prolongation du mandat de la Minurso. Pour ce que l’on en sait déjà, notamment à travers le draft rendu public par l’agence Inner City Press, il est très largement favorable au Maroc.
Autrement dit, quasiment toutes les exigences du Royaume ont été prises en compte par le Conseil de sécurité.
Il aurait été bien difficile qu’il en soit autrement. Car les derniers développements dans le conflit artificiel entretenu autour du Sahara marocain, ont permis de montrer, de façon limpide et sans ambiguïté, la vraie nature des acteurs impliqués. Avec, d’un côté, un Maroc reconnu pour son sérieux dans la quête d’une solution politique et, qui, à de nombreuses reprises, a fait preuve d’une sagesse et d’une retenue remarquables face aux provocations des séparatistes du polisario dans la zone tampon de Guergarate.
D’un autre côté, le duo formé par le pouvoir algérien et le polisario est dans les manœuvres malsaines et la couardise : le premier est fourbe, très enclin à déstabiliser le Royaume et adepte des mensonges grossiers, le second, sans âme, est une marionnette du premier auquel il obéit au doigt et à l’œil.
Cela explique l’impasse actuelle pour une solution politique. Une impasse qui, l’on s’en doute, profite à l’Algérie et au polisario. Lesquels s’autorisent toutes les dérives, allant de la séquestration des populations des camps de Tindouf au détournement des aides qui leur sont destinées, en passant par toutes sortes de trafics et, plus grave encore, l’implication des séparatistes dans des actes terroristes dans la région sahélo-saharienne.
Mais comment trouver, comme le préconise avec insistance le Conseil de sécurité, une solution politique réaliste face à des parties que le statu quo arrange et nourrit, d’autant qu’il leur permet de garder tous leurs privilèges indus ?
Ce n’est pas pour rien d’ailleurs que le Conseil de sécurité «demande (…) aux États voisins d'accroître leur participation au processus de négociation et de remplir leur rôle spécial et essentiel de soutien au processus politique». Un message clair à l’égard de l’Algérie. Mais c’est comme si un muet disait à un sourd qu’un aveugle les espionne.
Pour dire que le pouvoir algérien a toujours été imperméable au règlement définitif de ce conflit. Même s’il accumule les camouflets. ■





