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Editoriaux

Ces nouveaux diplomates !

LRPar La Rédaction
|Publié le 28 Novembre 2013 à 10:01
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On se surprend, de plus en plus, à se demander si la Bourse de Casablanca est fonctionnelle. C’est peut-être y aller un peu fort, mais que penser d’autre quand la place casablancaise brille par son extrême atonie, dans une indifférence quasi religieuse ? Elle occupe, malheureusement, les tablettes par à-coups, et pas pour les meilleures raisons : c’était notamment le cas lorsqu’elle a été rétrogradée du MSCI Emerging Market au MSCI Frontier Market.

Pourtant, à la Bourse, on fait des mains et des pieds pour maintenir le marché en vie. Championnat de la Bourse, roadshow pour dénicher les entreprises potentiellement cotables, séminaires d’information… sont autant d’actions mises en branle, mais qui connaissent le succès que l’on sait. Aucun. En fait, investisseurs comme patrons qui sont susceptibles de faire un pas vers la cote sont passablement irrités. Pas particulièrement par ce qui se passe sur le marché, mais plutôt par l’attitude assez désinvolte des autorités de tutelle. Dans le projet de Loi de Finances 2014, on a parlé de tout sauf du marché boursier. Enfin presque; au détour de quelques lignes, on a daigné l’évoquer pour rappeler à notre bon souvenir qu’il y a un ensemble de réformes qui vont être initiées, dont certaines, soulignons-le, dorment dans les tiroirs depuis au moins une décennie. Même la sardine a pu faire parler d’elle, réussissant à s’inviter au sein de l’hémicycle pour faire l’objet d’un débat parlementaire.

Actuellement, on a l’impression nauséabonde que le Maroc ne dispose pas d’un marché boursier. Le tout récent Casa Finance City (CFC), pourtant un «nourrisson» devant la Bourse de Casablanca qui assume en ce moment assez péniblement ses 84 ans, lui a ravi la vedette. D’ailleurs, lundi dernier, CFC était sous le feu des projecteurs après avoir signé un protocole d'accord avec le géant britannique Chartered Institute for Securities & Investment (CISI), afin de développer et promouvoir les certifications professionnelles dans les services financiers au Maroc et dans la région.

Mais que fait la tutelle ? Rien pour l’instant. Elle observe. Elle attend. Elle prend son temps. Remarque, elle ne risque pas d’être bousculée. Car, au Maroc, les seuls qu’on entend et qu’on écoute sont ceux qui savent faire du bruit, mais surtout créer le désordre au point de paralyser l’économie. Les transporteurs, avec leur puissant lobby, en sont un exemple parfait.

Les cols blancs, eux, sont tout mignons et tout gentils : ils ne braillent pas et ne tapent pas sur la table. Ils négocient et sont dans la recommandation plutôt que dans l’exigence. En réalité, ils privilégient un terrain sur lequel les politiques sont imbattables : la diplomatie. Une manière courtoise et élégante de faire durer indéfiniment les problèmes… en espérant qu’ils se résolvent d’eux-mêmes (sic !).


Par David William



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