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Le champ reprend ses droits

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 24 Avril 2026 à 18:01
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Le champ reprend ses droits

Après une succession d’épisodes de sécheresse qui ont éprouvé l’économie nationale, la pluie est revenue, abondante et bien répartie, redonnant des couleurs au secteur agricole et le sourire aux fellahs. Ce retour de la pluviométrie est un événement économique à part entière.

Avec près de 90 millions de quintaux de céréales attendus, la campagne 2025-2026 en cours signe un rebond spectaculaire. Les 3,9 millions d’hectares emblavés ont trouvé dans les précipitations une alliée fidèle, et les barrages, remplis à plus de 75%, offrent enfin cette visibilité hydrique qui faisait défaut depuis plusieurs saisons.

Résultat : une progression attendue du PIB agricole de l’ordre de 15%, qui ne manquera pas de donner une bouffée d’oxygène à l’ensemble de l’économie. Car l’agriculture, au Maroc, diffuse ses effets bien au-delà des champs. Elle nourrit la consommation, soutient l’emploi rural, stabilise les prix et, dans les bonnes années, soulage les finances publiques. Pour cette campagne, toutes les cases semblent cochées.

Les céréales et arbres fruitiers (oliviers, agrumes et dattes) affichent de bonnes performances, tandis que l’irrigation retrouve un second souffle grâce à des réserves hydriques enfin confortables. Ce contexte favorable trouve une vitrine idéale avec le Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM), dont l’ouverture à Meknès, sous la présidence du Prince Moulay Rachid, illustre une fois de plus l’attention particulière portée au secteur agricole.

Cet évènement est devenu au fil des éditions un véritable baromètre de l’agriculture marocaine. Un lieu où se croisent décideurs, producteurs, investisseurs et partenaires internationaux, mais surtout un espace où se dessinent les contours de l’agriculture de demain.

Le thème retenu cette année (durabilité de la production animale et souveraineté alimentaire) n’a rien d’anodin. Il traduit une prise de conscience globale : il ne faut pas seulement produire plus, mais mieux, de manière durable et résiliente. Et ce, dans un contexte caractérisé par le changement climatique, la pression sur les ressources hydriques, les exigences sanitaires et la volatilité des marchés.

La présence de 70 pays et de plus de 1.500 exposants à cette 18ème édition confirme d’ailleurs le positionnement du Maroc comme un hub agricole régional. Le choix du Portugal comme invité d’honneur illustre, lui, une volonté de renforcer les partenariats stratégiques, notamment sur des enjeux communs comme la gestion de l’eau, l’innovation ou la sécurité alimentaire.

Dans un monde où les chaînes d’approvisionnement sont de plus en plus fragiles, ces alliances prennent une dimension nouvelle. Il serait toutefois imprudent de céder à un optimisme béat. Une bonne campagne ne fait pas une tendance structurelle.

L’agriculture marocaine reste profondément dépendante des aléas climatiques. La pluie de cette année est une bénédiction, mais elle rappelle tout autant la vulnérabilité du modèle agricole. Pour dire que la question de la gestion durable de l’eau, de l’efficacité de l’irrigation et de la valorisation des ressources locales demeure entière. 

 

Par F.Z Ouriaghli

 

 

 

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