Finances News HebdoFinances News Hebdo
Editoriaux

Chinoiseries

LRPar La Rédaction
|Publié le 2 Septembre 2015 à 14:00
Partager

«Quand la Chine va bien, c’est un problème. Quand elle va moins bien, c’est aussi un problème», disait un officiel chinois, il y a quelques mois, à Casablanca, en réponse aux craintes exprimées par plusieurs économistes sur l’essoufflement attendu de l’économie chinoise.

Aujourd’hui, le géant chinois va moins bien. Et fait face au premier ralentissement significa­tif de son économie, résultat de sa mutation douloureuse, d’une économie de production à une économie de consommation. Une crise d’adolescence, en somme, qui ponctue l’essor fulgurant, quasi inédit dans l’Histoire qui, au prix d’efforts considérables, a hissé le vieil Empire du Milieu au rang de deuxième économie mondiale.

Ce ralentissement donc (7% de croissance tout de même), couplé à la décision de Pékin de dévaluer sa monnaie, aura suffi à faire réagir les marchés du monde entier, avec la manière qui les a toujours caractérisés, en l’occurence l’excès, qu’il soit dans l’euphorie ou dans la panique. Dans le sillage du krach boursier à Shangaï (-8,5%), une frénésie ven­deuse s’est propagée de New-York à Paris, en passant par Tokyo et Francfort, dans ce qu’il est convenu désormais d’appeler le lundi noir du 24 août. Depuis, le calme est revenu, suite aux mesures de relance prises par la Banque centrale chinoise.

Et le Maroc dans tout ça ? Ce fameux lundi noir, la Bourse de Casablanca a à peine vacillé (-1,21%), preuve, une fois de plus, de la faible connectivité de la place casablancaise à la finance internationale. Il faut dire aussi que la pénétration marocaine en Chine est dérisoire : 2,3 milliards de DH d’exportations en 2014, soit à peine 1,1% du total de nos exportations. Mieux encore, le ralentissement chinois appa­raît, à court terme, comme une aubaine pour le Royaume, tant il fait plonger le prix du baril, qui vient d’atteindre son plus bas historique depuis 2009. On ne peut pas en dire autant des pays émergents, comme le Brésil, l’Afrique du Sud ou la Turquie qui comptent parmi les princi­pales victimes de la contraction de l’économie chinoise.

Désormais, lorsque la Chine éternue, c’est le monde entier qui s’enrhume.

Articles similaires