Finances News HebdoFinances News Hebdo
Editoriaux

Choix cornélien

FNPar Finances News
|Publié le 27 Avril 2017 à 13:00
Partager

 

On ne lui a même pas accordé le bénéfice du doute. Rien. Le nouveau chef de gouvernement, comme l’on s’en doutait, a reçu une véritable volée de bois vert au lendemain de la déclaration gouvernementale prononcée devant les deux chambres du Parlement. L’opposition ainsi que beaucoup d’observateurs ont fustigé le programme de Saâd Eddine El Othmani qui «ne s'inscrit pas dans une perspective politique claire, manque d'objectifs déterminés et ne présente pas d’agenda précis pour sa mise en application». Bref, un programme creux, peut-être trop prudent, qui tendrait à ne pas répondre aux aspirations et attentes des citoyens.

Les critiques essuyées par El Othmani sont pour le moins acerbes. A tort ? A raison ? Le moins que l’on puisse dire, est qu’il n’aura pas bénéficié d’une période de grâce. Les opposants et les esprits rebelles savonnent déjà la route de cette majorité gouvernementale née dans la douleur, au prix de compromis qui ont suscité de fortes polémiques au sein des PJdistes, sortis vainqueurs des élections législatives.

Reste que la meilleure réponse à apporter face à ce scepticisme ambiant sera effectivement de solutionner les problèmes auxquels sont confrontés les Marocains, qu’ils soient d’ordre social, qu’ils relèvent de l’emploi ou encore de l’éducation… Une tâche très loin d’être une sinécure. Coincé dans une majorité qui s’est accaparée la plupart des ministères stratégiques, El Othmani devra s’évertuer à exister, malgré sa marge de manœuvre réduite. Il lui faudra beaucoup de courage politique pour mener à bien les réformes structurelles indispensables à l’émergence d’un Maroc moderne, qui ambitionne de se positionner en hub régional de référence. C’est ce courage qui habite son prédécesseur, Abdelilah Benkirane, et qui lui a valu des applaudissements lorsqu’il a amorcé la réforme de la caisse de compensation.

Mais ce sont deux hommes aux tempéraments bien différents. Reste à savoir ce dont le Maroc a besoin en ce moment : un dirigeant téméraire et fougueux, mais qui dérange, ou un chef de l’Exécutif habité par une certaine sagesse, mais qui manque cruellement d’audace ? ■

 

 

Articles similaires