Coface : L’économie mondiale sous la pression des taux
Selon Coface, la situation géopolitique s’est de nouveau dégradée, loin de s’améliorer, pesant de plus en plus sur les prix des matières premières et les conditions financières, donc sur l’activité.

Coface a ainsi procédé à 3 déclassements et 4 reclassements pays, ainsi qu’à 20 modifications d’évaluations sectorielles (12 déclassements et 8 reclassements).
La reprise des hostilités entre l’Iran et les États-Unis et l’intensification du conflit entre l’Ukraine et la Russie mettent les chaînes de valeur à rude épreuve et provoquent une forte hausse des prix des matières premières : plus de 50 % pour le pétrole, près de 100 % pour le gaz naturel et +40 % sur un an pour le blé. Le coût du conflit au Moyen-Orient sur la croissance mondiale est estimé à 0,5 point en 2026 et 2027.
Ces conditions ont fait ressurgir les craintes d’un nouveau rebond de l’inflation, incitant les banques centrales à remonter leurs taux directeurs. La Fed a emboîté le pas à la BCE avec une hausse de ses taux de 25 points de base.
Si pour le moment l’économie mondiale continue de résister, portée notamment par les investissements dans l’IA, les risques continuent de s’accumuler. Coface maintient sa prévision de ralentissement de l’activité cette année (+2,5 %, après +2,8 % en 2025), avant une stabilisation l’an prochain (+2,6 %).
Au Moyen-Orient, l’Arabie saoudite (A3 → A4), les Émirats arabes unis (A2 → A3) et le Qatar (A3 → A4) sont déclassés. Le secteur agroalimentaire est, quant à lui, déclassé dans six pays.
Des économies mondiales à plusieurs vitesses
- Aux États-Unis, l’économie continue de résister grâce à la consommation des ménages, aux investissements liés à l’IA et à un marché du travail proche du plein emploi (taux de chômage à 4 %).
- L’Europe, grâce à la résistance des économies allemande et espagnole et malgré les inquiétudes autour de la soutenabilité des finances publiques françaises, s’en sort un peu mieux qu’anticipé.
- En Asie, la dynamique demeure contrastée. Le Vietnam (+8,4 %) et l’Inde (+7,5 %) restent portés par les infrastructures et les technologies liées à l’IA, tandis que la Chine voit sa demande intérieure s’affaiblir et que plusieurs économies de la région (Thaïlande et Philippines) subissent la hausse des coûts énergétiques.
- En Afrique et en Amérique latine, le principal risque est celui d’une inflation durablement alimentée par la hausse des prix agricoles et énergétiques, notamment sous l’effet du phénomène El Niño.





