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Economie

Conjoncture : le Maroc retrouve un horizon économique dégagé

Redressement des réserves hydriques, bonnes récoltes, envolée du tourisme et montée en puissance des filières industrielles redessinent les perspectives économiques. Par C. Jaidani

LRPar La Rédaction
|Publié le 16 Janvier 2026 à 12:00
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Conjoncture : le Maroc retrouve un horizon économique dégagé

Les données de 2025 traduisent une inflexion notable de la trajectoire économique nationale. Elles témoignent d’une diversification des leviers de croissance et d’une performance soutenue des secteurs moteurs, dont l’agriculture. Cette dernière a profité de conditions climatiques favorables, notamment d’une pluviométrie généreuse sur l’ensemble du territoire, permettant une reconstitution significative des réserves hydriques.

À la date du 12 janvier 2026, le volume d’eau stocké dans les barrages s’élève à environ 7,6 milliards de m³, correspondant à un taux de remplissage de 45,3%, un niveau nettement supérieur à celui observé un an plus tôt et offrant une visibilité appréciable pour les périmètres irrigués. Cette conjoncture devrait soutenir la dynamique de croissance. Selon les projections du haut-commissariat au Plan (HCP), le taux de croissance économique atteindrait 4,4% en 2025 avant de se stabiliser autour de 4% en 2026.

«En dépit d’une conjoncture internationale difficile marquée par la persistance des tensions géostratégiques dans plusieurs régions du monde, l’économie marocaine devrait profiter d’une relance confirmée, boostée par de bonnes récoltes agricoles. La moisson devrait dépasser les 70 millions de quintaux prévus par la Loi de Finances 2026. Il est prévu aussi une évolution favorable des autres secteurs phares, comme le tourisme qui enchaîne les records tant au niveau des arrivées, des nuitées que des recettes en devises», affirme Driss Effina, professeur universitaire d’économie et président du Centre indépendant des études stratégiques. En effet, le tourisme illustre pleinement cette tendance. En 2025, le Maroc a accueilli près de 20 millions de visiteurs, soit une progression de 14% par rapport à 2024. Les recettes générées ont atteint 124 milliards de dirhams, en hausse de 19% sur un an.

«Le tourisme a atteint une certaine maturité qui lui permet d’être plus compétitif par rapport à la concurrence. Il est devenu un véritable moteur de croissance, créant de la valeur ajoutée et de l’emploi, laissant présager de nouveaux records pour les années à venir. Les investissements et la stratégie dédiée devraient favoriser ces performances. Il faut continuer à ouvrir de nouvelles lignes aériennes assurées par les compagnies low-cost, diversifier les offres de produits, élargir la capacité d’accueil et continuer de promouvoir la destination Maroc. La poursuite de cette dynamique serait bénéfique pour le secteur qui pourrait atteindre vraisemblablement de nouveaux records», explique Effina.

Et de poursuivre que «la demande intérieure suit également une trajectoire ascendante, portée par la consommation des ménages et l’amélioration progressive du marché de l’emploi. De même, les investissements publics réalisés devraient atteindre en 2026 un niveau record de 380 milliards de DH, bénéficiant essentiellement au renforcement des infrastructures de base». D’autres branches contribuent à cette dynamique, notamment les métiers mondiaux du Royaume qui s’orientent vers des segments à plus forte valeur.

«L’automobile et l’aéronautique ont entamé une nouvelle étape marquée par la hausse du taux d’intégration. L’écosystème automobile s’est enrichi de nouveaux équipementiers tournés vers la production des véhicules électriques et hybrides. L’aéronautique poursuit sa montée en gamme par la construction de moteurs et l’arrivée de nouvelles entreprises», indique Effina. Enfin, plusieurs agrégats extérieurs affichent des résultats solides, en particulier les transferts des Marocains résidant à l’étranger (MRE) et les exportations de phosphates. D’après Bank Al-Maghrib, les transferts des MRE devraient progresser de plus de 3% par an dans les prochaines années pour atteindre 130 milliards de dirhams en 2027. Cette performance, associée à une évolution favorable des investissements directs étrangers et des recettes voyages, contribuerait à maintenir le compte courant dans des équilibres maîtrisés.

 

 

 

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