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Economie

Croissance : regards croisés sur les prévisions macroéconomiques

A l’heure des incertitudes géopolitiques et des recompositions économiques, les projections de croissance du Maroc oscillent entre confiance et vigilance. Le HCP, Bank Al-Maghrib et le FMI esquissent des trajectoires proches, mais nuancées par des lectures distinctes des risques et des moteurs de l’économie. Par J. M.

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 12 Avril 2026 à 14:00
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Croissance : regards croisés sur les prévisions macroéconomiques

Selon les prévisions de la Loi de Finances pour l’exercice en cours, la croissance du produit intérieur brut serait attendue à 4,6%. En janvier dernier, dans son budget économique prévisionnel, le hautcommissariat au Plan (HCP) l’a estimée pour sa part à 5%. S’il est vrai que ces scénarios ont été formulés avant le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, des prévisions plus récentes ont été énoncées par Bank Al-Maghrib et le FMI.

La Banque centrale table sur une croissance de 5,6% en 2026, tandis que le FMI, plus prudent, prévoit la hausse de 4,4%. Pour ces deux dernières, dont les prévisions ont été publiées au mois de mars, il y a un écart de 1,2 point de pourcentage. S’il est vrai que les institutions s’accordent sur les avancées structurelles du Royaume, la campagne agricole 2025/2026 plus favorable, et prennent en considération les effets du conflit au Moyen-Orient, notamment la hausse des cours des produits énergétiques, il n’en demeure pas moins que les scénarios établis peuvent diverger. Selon Adil Cherkaoui, maître de conférences habilité en sciences de gestion à l'université Hassan II de Casablanca, «les divergences entre les prévisions du FMI et celles de Bank Al-Maghrib (BAM) reflètent avant tout des différences méthodologiques et des hypothèses sous-jacentes».


Par ailleurs, poursuit-il, ces institutions «n’utilisent pas exactement les mêmes scénarios pour le commerce mondial, la demande intérieure ou les prix des matières premières. Par exemple, si le FMI anticipe un ralentissement plus marqué de la demande extérieure ou un contexte plus incertain sur les marchés internationaux, cela peut se traduire par une prévision de croissance inférieure à celle de nos institutions nationales. Bank Al-Maghrib, par son statut de Banque centrale, a également accès à des données plus récentes et locales sur l’investissement et la consommation, ce qui peut expliquer une projection plus optimiste».

 

Inflation – IDE

D’autres indicateurs macroéconomiques mettent en lumière des lectures différentes selon les institutions, notamment en matière d’inflation et d’échanges extérieurs. Sur le premier volet, le FMI anticipe une inflation de 1,6% en 2026 et en 2027, alors que le HCP l’avait évaluée à 1,8% pour l’année en cours. De son côté, Bank Al-Maghrib adopte une approche plus modérée, avec une inflation moyenne de 0,8% en 2026, avant une remontée à 1,4% en 2027. Les écarts se prolongent également au niveau des flux d’investissements directs étrangers (IDE). Pour 2026 et 2027, Bank Al-Maghrib table sur un niveau stable, autour de 3,5% du PIB. Le FMI, en revanche, avance des projections nettement plus prudentes, situant ces flux à 1,2% puis 1,4% du PIB sur la période. Adil Cherkaoui estime que «les écarts sur l’inflation peuvent découler de la manière dont chaque institution prend en compte les pressions sur les prix alimentaires et énergétiques, ou l’effet des politiques monétaires. Le FMI semble anticiper une inflation légèrement plus élevée, ce qui pourrait refléter une vision plus prudente face à des incertitudes externes comme la fluctuation des prix de l’énergie». Concernant les investissements étrangers, il souligne que «les divergences peuvent être liées à l’exposition aux chocs régionaux. Par exemple, la crise au MoyenOrient, notamment en Arabie Saoudite, peut affecter la capacité et la volonté des investisseurs de maintenir ou d’accroître leurs flux vers le Maroc. Bank Al-Maghrib pourrait, pour sa part, supposer une résilience ou un redéploiement des investissements dans le contexte local, tandis que le FMI adopte une hypothèse plus prudente face à l’instabilité géopolitique».

 

 

 

 

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