Edito : A part ça, tout va bien
Une lecture linéaire des fondamentaux macroéconomiques du Maroc prête visiblement à l’optimisme. Les derniers chiffres dévoilés mardi par Bank Al Maghrib révèlent, en effet, que même s’il y a encore des indicateurs perfectibles, globalement l’économie nationale n’est pas au plus mal.
Les conditions météorologiques ont été ainsi largement favorables à l’agriculture, avec une production céréalière qui pourrait atteindre 98,2, voire 100 millions de quintaux selon le ministère de tutelle.
Cette bonne campagne agricole tire, évidemment, le taux de croissance du PIB estimé à 3,6% en 2018 (vs 3,1% en 2019). A côté de cela, les réserves de change termineraient l’année à 255,4 milliards de dirhams, assurant ainsi la couverture de 5 mois et 25 jours d’importations de biens et services, tandis que le déficit budgétaire devrait avoisiner 3,4% du PIB cette année et 3,3% en 2019.
Au Maroc, quand l’agriculture va, tout va, sommes-nous tentés de dire, d’autant qu’elle sert de locomotive à la croissance. Sauf que l’agriculture, à elle seule, ne peut induire une croissance suffisamment importante pour réduire de manière substantielle le taux de chômage au niveau national, quand bien même ce dernier a légèrement fléchi entre le premier trimestre 2017 et le premier trimestre 2018, passant de 10,7 à 10,5%.
Il faudrait donc, en parallèle, une impulsion autrement plus importante de la valeur ajoutée des activités non agricoles, dont la progression a été contenue à 2,7%.
Aujourd’hui, il semble qu’à côté du défi du chômage des jeunes, le gouvernement doive également apporter une réponse adéquate à une problématique tout aussi importante : ce sentiment de frustration sociale pesant qui règne sur le Maroc depuis plusieurs semaines, exprimé par une campagne de boycott ciblant trois entreprises de la place grandes pourvoyeuses d’emplois. Malheureusement, sur ces deux sujets et sur beaucoup d’autres, il semble incapable de trouver les bonnes solutions. Sauf à multiplier la création de commissions.
Mais bon, à part ça, tout va bien dans le plus beau pays au monde.





