Elections : «Escroquerie» courtoise
Ils ne sont pas sous l’arbre à palabre pour distiller aux jeunes de sages propos, comme on le faisait jadis dans certaines contrées d’Afrique. Eux, ils sont parfois sous le chaud soleil, gesticulant à gauche et à droite, en sueur, s’adressant à des foules plus attirées par le spectacle et l’ambiance que par la teneur des messages délivrés.
Messages ? Ce n’est peut-être pas le mot qui sied en ces circonstances. Disons plutôt promesses. Promesses électorales plus précisément. Comme l’affirmait le poète et écrivain anglais Gilbert Keith Chesterton, «tout homme politique est, au sens fort du terme, un homme politique qui promet». Mais pour qui suit, ne serait-ce qu’un petit peu, le jeu politique, il sait ce que valent ces promesses.
En cette période d’élections communales et régionales au Maroc, les électeurs se retrouvent donc, subitement, au centre de tous les intérêts. Ces oubliés de la collectivité deviennent, l’espace de quelque temps, ces citoyens devant lesquels les politiques se rendent compte qu’ils doivent être à leur service. Et c’est à la limite jouissif pour eux de voir certains individus, qui pour la plupart n’ont jamais mis les pieds dans certaines contrées, venir leur quémander quelques voix. Qu’offrent-ils en échange ? Des promesses justement. Rien que des promesses. Formulées du bout des lèvres, mais avec force de conviction. Mais les électeurs (avertis) ne sont plus dupes. Ils savent fort bien que les échéances électorales sont la période des blabla de circonstance, destinés davantage à recueillir leurs suffrages qu’à régler les difficultés qu’ils vivent au quotidien. Ils savent tout aussi bien que ces gens qui haranguent les foules à travers des formules mielleuses les «escroquent» courtoisement. Ils savent, en fin de compte, que tous ces politiques, qui essaient par tous les moyens de les courtiser, feront d’eux, demain, de gentils cocus.
Mais le champ politique n’est pas fait que de promesses… qui ne seront pas tenues. Heureusement d’ailleurs, il y a bien plus : les joutes verbales (sic !). Ça s’insulte sans retenue. Ça vole parfois très bas. Et ça amuse les foules. Mais on n’y gagne rien. Sauf à décourager ceux qui nourrissent encore des velléités de se jeter dans l’arène politique.
En réalité, les vrais hommes politiques, ceux qui ont leurs convictions chevillées au corps et qui les portent fièrement en bandoulière, se font rares. Trop rares. Et ce ne sont pas les transhumants qui broutent dans tous les près, pourvu qu’ils soient verts, qui diront le contraire.
David William





