Emergence
Quand on se lance dans la course internationale au développement économique, il faut avoir les reins solides, un bon rythme et une réserve d’énergie pour arriver jusqu’à la ligne finale. Le Maroc a, de ce fait, une ambition de terminer la course avec, en plus, un record à la clé. Mais voilà, c’est une course qui s’apparente à un saut d’obstacles et le Maroc en connaît beaucoup.
Le top départ a été initialement donné par Salaheddine Mezouar avec la première mouture du Plan Emergence, puis un deuxième élan a été donné à cette dynamique par le lancement du Pacte national d’Emergence industrielle. Deux ans plus tard, quel bilan peut-on faire des différentes actions engagées, que ce soit sur le plan formation, financement, climat des affaires ou compétitivité des PME… ?
A voir de près les chiffres annoncés par les différentes parties prenantes du PNEI, des avancées ont été certes réalisées. Notamment, au niveau des métiers mondiaux du Maroc via la signature de conventions et de contrats, l’arrivée d’opérateurs de renommée mondiale… Aussi, certains agrégats économiques tels que l’emploi, l’investissement, la croissance ont connu une certaine amélioration qui ne peut être attribuée qu’au PNEI.
Mais, cela n’empêche pas de dire que si le Maroc veut se hisser au niveau des pays développés, il est tenu d’éviter certains écueils.
Des obstacles d’ailleurs identifiés par les opérateurs, notamment le climat des affaires avec pour toile de fond une administration qui n’arrive pas encore à se défaire de sa lourdeur mondialement célèbre. Il y a lieu cependant de souligner que l’arsenal juridique s’est relifté pour améliorer le classement du Maroc dans le Doing Business. Référence est faite ici à la modification de la loi sur la SARL, la loi sur les délais de paiement et la généralisation des guichets uniques.
Le problème du foncier vient ajouter son grain de sel et, par ricochet, fait de l’investissement un vrai parcours du combattant.
Ceci dit, pour ne pas verser dans un pessimisme béat, puisqu’en fait des efforts importants ont été consentis, on ne peut qu’apprécier le bilan à mi-parcours du Pacte et l’engagement des autorités de tutelle à le mener au bout. Et ce, malgré certaines poches de résistance…
Par Fatima Ouriaghli





