Entre chiffres et réalité
L’ensemble des chiffres publiés par les organismes internationaux laisse prédire que dans les années à venir la croissance économique serait tirée par les économies émergentes (EE). Ces pronostics ne sont pas hasardeux; ils sont le fruit d’un rythme de croissance actuel des EE qui va plus vite que celui des pays avancés.Dans cette course mondiale à la croissance, dans quel lot peut-on placer l’économie marocaine ?
Au lendemain de l’éclatement de la crise financière, les pouvoirs publics marocains n’avaient cessé de rassurer quant à la résilience de l’économie marocaine, et ce à l’instar des pays émergents. Mais qu’en est-il réellement ?
L’économie a affiché en 2010 un taux de croissance autour de 4%, au moment où la moyenne mondiale des pays émergents était située à 7,3% de taux de croissance. Le Maroc est même à un point en dessous de la moyenne des pays développés qui ont connu une reprise, dite lente.
Au-delà de cet indicateur qu’est le taux de croissance, inférieur à celui enregistré par des EE, d’autres facteurs permettent de faire une meilleure lecture de la situation économique actuelle de notre pays. Et l’un des plus parlants est celui du taux de chômage. Ce dernier est décrié par les observateurs qui dénoncent un mode de calcul fortement biaisé et qui ne reflète pas la réalité, encore moins l’arrivée chaque année de nouveaux demandeurs sur le marché du travail.
Évoquons également le déficit commercial qui, d’année en année, bat ses propres records. Il y a lieu aussi de signaler que l’épargne longue demeure insuffisante et n’arrive pas à financer les investissements.
Quant au déficit budgétaire, c’est le point mort.
En dehors des équilibres internes, d’ailleurs fragiles, il faut rappeler que la flambée des prix à l’international a débridé l’enthousiaste des pays les plus performants. Que dire alors du Maroc ?
Tous ces indicateurs montrent que nous demeurons dans un contexte de croissance extrêmement inquiétant. Et cette fois-ci, on ne peut pas mettre en cause le fléau de la sécheresse !
Par Fatima Ouriaghli





