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Culture & Société

Exposition: mémoire tatouée

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 18 Octobre 2021 à 12:00
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Jusqu’au 31 octobre, Gallery Kent sera hantée par de très séduisantes œuvres sur papier, qui sont autant de bas-reliefs de Saïd Messari.

Bernabé Lopez Garcia, Abdelkader Chaoui et Elena Prentice ont apporté un écot substantiel autant que divers à l’expo «Mémoire écrite, illustrée, méditée et stylisée».

 

Par R. K. Houdaïfa

 

Dès le perron de la galerie, l’on remarque sur les œuvres accrochées aux cimaises, une utilisation accrue de couleurs sombres ou de couleurs très vives et contrastées. Beaucoup de traits volontairement déformés, également. Les techniques et les supports utilisés s'élargissent. Parmi les œuvres accueillies, quelquesunes se présentent sous forme de rébus.

Des sens latents, des brisures hardies, une pluie d’allégories... Cette particularité a la nimbe d’un épais mystère susceptible de décourager le visiteur pressé. En revanche, le véritable amoureux de l’art, lui, cherchera à en pénétrer l’intimité, au prix d’une longue méditation spéculative. Y parviendrat-il ?

C’est peu sûr, tant les œuvres masquent jalousement leur signification profonde, par un jeu de voiles impénétrables. A croire que les artistes, délibérément ou inconsciemment, se jouent de l’arrogant analyste, en brouillant les pistes. Ce dernier, en compensation, aura le privilège de s’imprégner du charme qu’elles exhalent au fur et à mesure que le regard les scrute. Les silhouettes métaphoriques de Saïd Messari, les traits simples mais d’une indéniable nervosité de Bernabé López Garcia, les pleines toiles nuageuses vouées à la décomposition d’Elena

Prentice, les portraits colorés d’Abdelkader Chaoui. Au-delà du plaisir du déchiffrement auquel elles convient, les œuvres forcent l’admiration par leur esthétique. Obsédé par la rigueur «de l’évanescence et de la disparition, de la déliquescence et de l’insaisissable, mais aussi de la résistance et de la persistance – dont celle rétinienne !», Saïd Messari se joue et se déjoue délicatement des genres. Bernabé López Garcia, politologue madrilène et spécialiste des migrations, présente des fragments de ses carnets de notes et de voyages qui représentent la surface de la mémoire, la surface des choses que nous voyons…, la lumière singulière de Tanger.

Le poète Abdelkader Chaoui offre à voir des hommes «où tout est dans la puissance du regard», d’où sourd une angoisse existentielle ?! «Elena Prentice renoue, quant à elle, avec un pointillisme devenu plus figuratif, regarde vers le ciel et interroge de sa peinture la simple forme des nuages qui s’y glissent, derrière laquelle s’obstinent les questionnements liés au sacré et au vide, à la transcendance et à l’immanence, à la possibilité d’engagement et au matérialisme, au tout et au rien qui nous constituent et nous travaillent en permanence», lit-on dans la fiche de présentation de ce groupshow qui fascine, interpelle, enchante et magnétise.

 

*Proposé par Gallery Kent, «MÉMOIRE écrite, illustrée, méditée et stylisée» entre dans le cadre de la 3ème édition du Parcours des arts, orchestrée par l’Institut français de Tanger.

 

 

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