Fabrique à chômeurs
Un taux de réussite au baccalauréat de 48,96% pour la session ordinaire. En attendant la session de rattrapage prévue en juillet qui verra de nouveau 164.953 candidats essayer d’obtenir leur ticket pour l’enseignement supérieur.
Pour l’instant, il y a du mieux par rapport à l’année dernière où la session ordinaire du bac a été sanctionnée par un taux de réussite de 47,4%. Motif de satisfecit ? Les avis sont partagés. Mais au-delà des chiffres et du nombre important de fraudes portées sur la place publique lors du déroulement des épreuves, se pose une autre problématique : orienter tout ce petit monde vers les universités. Mais, surtout, bien les orienter afin de ne pas en faire, d’ores et déjà, de futurs diplômés-chômeurs. Car la grande majorité de ces bacheliers, dont les familles n’ont pas les moyens de se tourner vers le privé, devra, sa culotte sur les bancs des facultés publiques où le système d’enseignement, fort décrié, est qualifié à juste raison de fabrique à chômeurs.
Ce n’est pas pour rien d’ailleurs que le PJD, à la veille des législatives, avait fustigé l’enseignement public actuel en prônant la formation de qualité, non sans dénoncer le fait que le pouvoir d’achat des familles marocaines soit laminé par la scolarisation des enfants dans le secteur privé.
Aujourd’hui au pouvoir, le parti de la lampe a donc le devoir et l’obligation d’initier une vaste réforme de l’enseignement, afin, justement, d’offrir à tous ces jeunes un enseignement public de qualité qui leur ouvre la voie vers le monde professionnel. C’est un vaste chantier auquel aucun gouvernement n’a encore apporté de réponses concrètes et appropriées. Pourtant, il faudra bien s’y attaquer, sachant que les réformes réussies sont toujours précédées de mesures impopulaires. Car ce sont ces jeunes qui sont appelés, demain, à prendre la relève et à conduire les affaires du Royaume. A moins que l’on veuille perpétuer le système actuel : sacrifier la majorité démunie au profit de la minorité nantie.
Par Fatima Ouriaghli





