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Développement durable

Fellah online : Mécanisation agricole

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 27 Novembre 2014 à 10:00
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Malgré les efforts consentis par l’Etat pour soutenir la mécanisation, le parc du matériel agricole reste nettement en deçà de la moyenne mondiale et des objectifs. Le niveau élevé de morcellement, les complications foncières et l’existence de l’importation du matériel d’occasion restent les principaux freins pour le développement du secteur.

Pourtant, le développement du machinisme agricole est un volet majeur du Plan Maroc Vert (PMV). Pour moderniser l’agriculture nationale, l’utilisation de la technologie est une option incontournable. Il s’agit d’augmenter la productivité, utiliser rationnellement les ressources et maîtriser les aléas climatiques.

L’objectif du département de tutelle est de porter l’indice de mécanisation, actuellement de 0,5 cheval par ha, à 1 cheval à moyen terme, et ce conformément aux meilleurs standards internationaux.

Aujourd'hui, le parc des tracteurs agricoles ne dépasse pas les 60.000 unités couvrant tout le territoire national. Les disparités sont nettement visibles entre les régions. Les périmètres irrigués s’adjugent la part du lion, avec une concentration du matériel agricole comparativement aux autres zones. En outre, ce parc est vieillissant, marqué par une moyenne d’âge supérieure à 15 ans. Certains engins sont importés d’occasion et sont parfois inadéquats à l’utilisation. Par ailleurs, les ventes de ces tracteurs oscillent selon les années agricoles. Elles peuvent dépasser les 7.000 unités lors d'une bonne saison, comme elles peuvent être limitées à moins de 3.000 lors d’une saison de sécheresse. Pour atteindre les objectifs du PMV, elles doivent dépasser les 10.000 unités par an. Malgré les subventions allouées, la simplification des procédures et les primes à l’achat qui peuvent atteindre les 50% du matériel acquis, plusieurs exploitants n’arrivent pas à acquérir de nouveaux matériels, et ce pour plusieurs raisons. Il y a d’abord l’étroitesse des exploitations. 80% des fermes font moins de 5 hectares. Le travail agricole étant saisonnier, les exploitants préfèrent louer le matériel agricole que de l’acheter, leur revenu ne leur permettant pas de rembourser un crédit.


La complexité des statuts fonciers est un autre handicap majeur pour l’achat de matériel. Le certificat de propriété ou le titre foncier est obligatoire pour être éligible au crédit et à la subvention. L’existence d’autres propriétaires dans l’indivision rend la situation encore plus compliquée. L’insuffisance de techniciens spécialisés en machinisme agricole est l’autre fait marquant du secteur. Les centres dédiés et le nombre d’effectifs formés ne peuvent en aucun cas couvrir les besoins du pays. Le plus souvent, les fellahs sont contraints de se diriger vers des mécaniciens généralistes qui n’ont aucune formation. Reste à souligner que la stratégie du département de tutelle est plus orientée vers l’expansion du machinisme agricole en termes de vente en espérant encourager la vulgarisation de l’utilisation de matériel. L’idée est de développer des engins plus adaptés à la réalité marocaine qui soient robustes, fiables et simples d’utilisation et d’entretien.


Par Charaf Jaidani

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