Féminisme galvaudé
A l’occasion de la Journée mondiale de la femme célébrée le 8 mars, se déroule chaque année un drôle de manège : subi-tement, d’aucuns se rappellent l’impor-tance de la lutte en faveur de l’égalité des sexes pour un développement rapide et harmonieux du pays, alors que durant toute l’année la cause est sous une chape de plomb !
Si ce n’est les chas-sés croisés avec le Chef de gouvernement…, des joutes verbales de part et d’autre qui n’ont pas manqué de galvauder le «féminisme». Voilà de quoi amuser la galerie au lieu de promouvoir et rétablir les droits des femmes aussi bien dans la société que dans la sphère privée. Si les uns et les autres s’estiment choqués par les propos de certains de nos responsables politiques, ils ne doivent pas s’enliser dans le terrain glissant et populiste de la politique. Les politiciens sont en effet dans leur rôle de titiller, fatiguer et distraire avec leurs sornettes. Ils ont d’ailleurs abusé du féminisme comme cheval de bataille ! Conséquences : la cause est devenue otage du politique et on s’éloigne des vraies luttes à mener pour une meilleure émancipation de la femme, la laissant s’empêtrer dans des conditions de vie pénibles. Et les indicateurs en attestent lar-gement, du taux de chômage par genre au har-cèlement moral et sexuel, à la violence en milieu conjugal ou professionnel. Il faut garder à l’esprit que le féminisme ne se passe pas dans les arcanes du gouvernement, encore moins dans les salons feutrés, mais sur le terrain auprès des femmes en détresse afin de les rétablir dans leur droit. Car il ne suffit pas de voter des lois, encore faut-il veiller à leur appli-cation et leur assimilation par la société. Et à ce niveau, nous avons beaucoup à apprendre, car nous sommes encore loin du compte, bien que des avancées louables aient été réalisées cette dernière décennie. Les vrais militants, eux, ne perdent jamais le cap et ne dilapident pas leur énergie dans les débats futiles. Ils s’efforcent plutôt à abolir les inégalités dont les femmes font les frais… tout au long des 365 jours que compte l’année. Cela dit, bonne fête, mesdames.





