Fibre patriotique
Le Maroc accueillira les 9 et 10 septembre courant la 5ème édition du Colloque international sur les finances publiques. Cette rencontre intervient dans un contexte où, justement, sous l’effet de la crise, les finances publiques sont mises à mal dans la plupart des pays du monde. Aujourd’hui, l’Etat marocain, en pleins préparatifs du projet de budget 2012, en est à chercher des alternatives pour réduire son déficit budgétaire, surtout après l’annulation de la cession d’une partie du capital (7%) détenue dans Maroc Telecom. L’objectif majeur étant de ramener le déficit budgétaire prévisionnel de 6 à 4,5% d’ici la fin de l’année.
Autant dire que cela n’a rien d’une sinécure. Renflouer les caisses passera donc, entre autres, par une réduction drastique des dépenses fiscales.
Et, pourquoi faire appel… à la fibre patriotique des nantis de ce pays. Cela peut, certes, prêter à sourire, mais ce qui se fait en France, aux Etats-Unis?ou?encore?en Allemagne, où des millionnaires acceptent bien volontiers de se faire taxer encore plus peut bien être dupliqué au Maroc. Et pour l’une des rares fois, on ne dira pas que nous sommes des mauvais copistes.
Cela sera en tout cas une belle preuve de solidarité sociale, de patriotisme et de citoyenneté que ces hommes et femmes fortunés du Royaume acceptent… de gagner moins en cotisant plus. Sans rien attendre en retour.
Il s’agira juste de rendre un peu de ce que le système établi leur aura donné au travers des avantages, exonérations fiscales et autres subventions.
Consentiront-ils cependant à le faire ? C’est là toute la question. Quand on sait que ce sont les plus riches toujours plus forts quand leurs intérêts sont menacés, il semble difficile de répondre par l’affirmative.
Mais gardons espoir ! Et attendons de voir qui sera ce courageux millionnaire marocain qui, le premier, lèvera le doigt pour dire «Taxez-moi encore plus !».
Par Fatima Ouriaghli





