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Forcing

LRPar La Rédaction
|Publié le 25 Décembre 2015 à 09:41
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Applaudissements nourris du Fonds monétaire international pour le Maroc. L’économie nationale se porte en effet plutôt bien, avec des perspectives pour le moins favorables, notamment en 2015, année durant laquelle les experts du Fonds tablent sur une croissance de l’ordre de 4,5%.

Voilà de quoi conforter le gouvernement dans sa conduite de la politique économique, malgré les contestations récurrentes et véhémentes de l’opposition et des mouvements syndicaux.

Pour autant, même si le FMI se félicite de la trajectoire actuelle de l’économie nationale et des nombreuses mesures prises pour réduire le déficit budgétaire, notamment l’indexation partielle des prix des carburants, il n’en demeure pas moins vrai que tout n’est pas rose dans le plus beau pays du monde.

Une fois n’est pas coutume, les experts du Fonds ont remis sur la table l’épineuse question de la réforme du système des retraites. Une piqûre de rappel nécessaire à plus d’un titre, pour marquer l’importance du problème. Le chef de la mission de consultation du FMI, Jean-François Dauphin, n’a pas dit autre chose en marge de la conférence tenue en début de semaine à Rabat. Selon lui, «la réforme du régime des retraites est urgente. Les caisses de retraite accumulent les déficits. Chaque journée qui passe fragilise davantage le système». C’est tout dit.

Que l’on se rassure cependant. Les pouvoirs publics sont assez bien conscients de la nécessité de déployer cette réforme qui représente un enjeu vital pour la survie de plusieurs régimes et, plus globalement, pour assurer la viabilité des finances publiques. Sauf que, sur ce terrain miné, le gouvernement avance à pas calculés.

Il n’a guère le choix. Pour une réforme qui présente de tels enjeux socioéconomiques et sur laquelle aucun des précédents gouvernements n’a osé s’aventurer, il fait face à des syndicats frondeurs et à des partis politiques de l’opposition bien déterminés à lui savonner la route. Pourtant, quand bien même on peut lui faire des reproches sur la gestion des affaires du Royaume, convenons tout de même que le gouvernement essaie de trouver une issue à ce dossier. D’ailleurs, il a même eu la sagesse de demander l’avis du Conseil économique, social et environnemental dans le cadre de la réforme proposée. Ce dernier, rappelons-le, a, entre autres, recommandé le relèvement de l’âge de la retraite à 63 ans, à raison de 6 mois par an pendant les six prochaines années, accompagné de l’option de départ à la retraite à l’âge de 65 ans.

En outre, en relation avec la proposition d’augmentation du taux de cotisation de 20 à 28%, il préconise la répartition de la cotisation globale des 28%, pour les salaires inférieurs au plafond, à raison de 12,5% pour l’employé et de 15,5% pour l’Etat/employeur. Et pour le RCAR, le CESE recommande, outre la possibilité pour les affiliés de repousser leur âge de mise à la retraite à 65 ans, d’améliorer le niveau des pensions distribuées grâce à la révision de la base de calcul de la pension, en prenant en compte la moyenne des 10 meilleures années au lieu de la moyenne valorisée sur toute la carrière, et en introduisant un plafond.


Visiblement, cela ne suffit pas encore pour enclencher la réforme. Il faudra indubitablement repasser par la case dialogue social. Mais le temps passe et les déficits s’accumulent. Et les conciliabules ne peuvent durer éternellement. A un moment donné, il faudra faire du forcing pour concrétiser la réforme. En dehors de toute arithmétique politique. Quitte à être sanctionné lors des prochaines législatives.


Par David William

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