Gaston Lagaffe
Au sein d’un gouvernement né de tractations longues et de compromis, où les convictions politiques et les promesses électorales ont été parfois étouffées pour pouvoir prétendre à un fauteuil ministériel, il faut s’attendre à tout.
Surtout à ce que resurgisse certaines sensibilités politiques discutables, quand bien même l’on s’essaie, dans un Maroc résolument tourné vers la modernité, à faire bonne figure. Et c’est ce qui est arrivé à Moustapha Ramid, le tout nouveau ministre de la Justice. Il a tenu, très maladroitement, à bien signifier qu’il porte l’étiquette PJD en bandoulière, en faisant un étonnant et détonant mélange du religieux et de l’économique. «Des touristes originaires de plusieurs continents viennent à Marrakech pour passer beaucoup de temps à commettre des péchés et s'éloigner de Dieu», a-t-il lâché lors d’une visite dans une école coranique de la ville Ocre. Cet écart de langage, sans doute inspiré par le lieu (sic !), a suscité une polémique monstre au sein des professionnels du tourisme et lui a valu une véritable volée de bois vert. Rien à dire : Ramid a fait mieux que le célèbre Gaston Lagaffe et sait créer le buzz… et le malaise. Le malaise au sein du gouvernement, mais surtout au sein du PJD qui s’essaie pour la première fois de son histoire à l’exercice du pouvoir. Et qui dispose d’une législature pour convaincre les citoyens marocains que leur vote a été utile.
Alors, il fallait donc bien s’attendre à ce que certains élus sortent de leurs gonds ou encore que le ministre du Tourisme et membre du Mouvement Populaire, Lahcen Haddad, recadre son collègue et s’inscrive en faux par rapport à ces assertions qui portent préjudice à un secteur qui représente 8% du PIB et génère 60 Mds de DH de divises.
A l’évidence, le Chef du gouvernement, A. Benkirane, est appelé à garder un œil vigilant sur son équipe. Parce que certains amalgames sont difficiles à digérer dans ce Maroc d’aujourd’hui, surtout de la part d’un responsable gouvernemental.
Par Fatima Ouriaghli





