Grognes !
Ça grogne de partout ! Au Parlement où l’opposition saisit toute occasion pour se faire entendre, comme dans la rue où, l’on peut noter, depuis quelque temps, une inflation de manifestations. Actuellement, tout semble être prétexte pour battre le pavé, slogans revendicatifs bien en vue et, souvent, des exigences qui prêtent à sourire, pour ne pas dire qui relèvent de la science-fiction.
En cela, le gouvernement est en ce moment face à deux frondes : celle relevant des opérateurs dans l’industrie de l’alcool et celle des transporteurs.
Intéressons-nous d’abord aux premiers ! L’interdiction programmée de la publicité des boissons alcoolisées fait ses premières vagues. Aux cris d’orfraies lancés par ces opérateurs, se joignent ceux des hôteliers et autres acteurs du monde du tourisme. Ils ne veulent pas de cette interdiction. C’est quand même assez cocasse de voir une telle fronde dans un pays comme le Maroc où, de surcroît, la vente d’alcool est soi-disant interdite aux Musulmans. En réalité, les pouvoirs publics ont voulu surfer sur la vague du «hchouma», voire du tabou entourant toute revendication relevant de l’alcool. Car, depuis quelques années, à l’occasion de l’élaboration des Lois de Finances, l’alcool (tout comme le tabac d’ailleurs) est utilisé comme punching-ball par les pouvoirs publics. Comme en témoignent les hausses successives de la taxe intérieure de consommation relative à ce produit. Et, jusque-là, personne n’a osé broncher ! Parce que, simplement, cette hausse du TiC étant répercutée par les opérateurs sur les prix, c’est la poche des consommateurs qui était touchée; ceux précisément qui ne sont pas censés boire de l’alcool. Il aurait été, à ce titre, pour le moins incongru, de voir les Marocains braver la rue… et les regards pour dire «Non à l’augmentation de l’alcool» !.
Pour autant, il fallait s’attendre, à un moment ou à un autre, à ce que ces incursions répétitives des pouvoirs publics dans l’industrie de l’alcool fassent jaser. Et ça jase seulement parce que les chiffres d’affaires de certains opérateurs risquent de s’effriter. Maintenant, ce serait «intéressant» de voir comment les pourfendeurs de cette loi à venir vont défendre leurs intérêts. Un débat au Parlement sur l’alcool, là où il y a quelques mois un député s’est rendu complètement bourré (www.financenews.press.ma), ça promet. Hic !
De leur côté, les transporteurs sont… ivres de rage. A cause de l’augmentation des prix de l’essence et du gasoil qui rogne leur chiffre d’affaires. Ils se plaignent, quand bien même certains d’entre eux ont d’ores et déjà répercuté cette hausse sur le prix du transport.
Mais il convient de se rendre compte que derrière cette hausse, il y a une réalité alarmante, comme nous le soulignions dans notre dernière édition : cette augmentation des prix des carburants est due à la consommation, en 5 mois seulement, de plus de 80% du budget alloué à la compensation en 2012. Les finances de l’Etat étant au plus mal, il faut bien aller chercher l’argent quelque part. Quitte à faire momentanément des mécontents. Cela, en attendant une réforme de la Caisse de compensation pour instaurer un système plus cohérent et plus juste. Eh oui, on n’a rien sans peine !





