Jossour 2030 : financer plus, financer mieux

Tamwilcom vient de présenter «Jossour 2030», un plan stratégique qui dépasse le simple exercice de planification pour s’inscrire dans une réflexion plus large sur les moteurs de la croissance marocaine. À travers cette feuille de route, l’institution ambitionne d’accompagner, d’ici à 2030, 435.000 bénéficiaires, de mobiliser près de 300 milliards de dirhams de financements, de générer 60 milliards de dirhams d’investissements privés additionnels et de contribuer à la création de 45.000 emplois par an.
Ces chiffres rappellent une réalité souvent sous-estimée : le financement demeure l’un des principaux leviers de transformation économique du Maroc. Depuis plusieurs années, le Royaume a multiplié les stratégies sectorielles, les programmes d’investissement et les réformes structurelles. Mais nombre de projets se heurtent encore à une difficulté récurrente : l’accès au financement. Car ce qui manque souvent, ce n’est ni l’idée ni l’ambition, mais la capacité à convaincre une banque, à présenter des garanties suffisantes ou à réunir les ressources nécessaires pour transformer une initiative en entreprise viable.
Cette réalité concerne particulièrement les très petites entreprises, les jeunes entrepreneurs, les porteurs de projets innovants et les acteurs économiques installés loin des grands centres urbains. C’est précisément sur ce terrain que Tamwilcom s’est imposée comme un acteur de référence. Les résultats enregistrés en 2025 montrent d’ailleurs que son rôle dépasse désormais celui d’un simple organisme de garantie.
L’institution a contribué à mobiliser plus de 54 milliards de dirhams de crédits au profit de plus de 86.000 bénéficiaires, dont près de 72% relevant des TPME. Plus de 44 milliards de dirhams de financements ont été générés grâce à ses mécanismes de garantie, illustrant une montée en puissance constante de son action. L’annonce de «Jossour 2030» intervient d’ailleurs dans un contexte particulier. Le Maroc est engagé dans une phase d’investissement sans précédent.
Entre les préparatifs de la Coupe du monde 2030, les projets industriels et les infrastructures ferroviaires, portuaires et énergétiques, les besoins de financement sont considérables. Mais les grands chantiers ne peuvent produire tous leurs effets que s’ils s’appuient sur un tissu dense de PME, de TPE et d’entrepreneurs capables de saisir les opportunités créées. Les mesures annoncées prennent alors tout leur sens.
Le relèvement du plafond d’éligibilité des entreprises de taille intermédiaire à 500 millions de dirhams de chiffre d’affaires, contre 200 millions auparavant, permettra d’accompagner davantage d’entreprises dans leurs projets de croissance. Ces ETI constituent souvent le «chaînon manquant» des économies émergentes : trop importantes pour certains dispositifs destinés aux PME, mais encore insuffisamment armées pour accéder aux meilleures conditions réservées aux grands groupes.
La hausse du taux de garantie des TPE à 75% constitue également un signal fort. En réduisant le risque supporté par les banques, Tamwilcom facilite l’accès au crédit pour des milliers de petites structures. Dans le même esprit, la refonte du mécanisme de cofinancement, avec un taux préférentiel fixé à 2% et la suppression du seuil minimal d’investissement, élargit considérablement le nombre d’entreprises susceptibles d’en bénéficier. Au-delà de ces mesures, «Jossour 2030» illustre une évolution plus profonde de l’approche marocaine en matière de développement économique. Aujourd’hui, l’enjeu est davantage celui de l’inclusion économique.
Comment faire en sorte que les bénéfices du développement atteignent l’ensemble des territoires ? En mettant davantage l’accent sur la dimension territoriale de l’inclusion financière, Tamwilcom apporte un élément de réponse à cette question. Certes, aucun plan stratégique ne saurait à lui seul résoudre toutes les difficultés d’accès au financement. Mais «Jossour 2030» traduit une ambition claire : faire du financement non plus un simple outil bancaire, mais un véritable instrument de croissance, d’emploi et d’inclusion économique.
Par F.Z Ouriaghli





