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Editoriaux

Le bal des écolos

LRPar La Rédaction
|Publié le 3 Décembre 2015 à 13:31
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Ils sont tous là. Les bons élèves, les mauvais élèves (pleins de bonne volonté)… et même les cancres.

Ils sont tous là. Les bons élèves, les mauvais élèves (pleins de bonne volonté)… et même les cancres. Un peu comme le bal de fin d’année où tous les élèves se retrouvent pour partager une dernière soirée avant de se souhaiter bonnes vacances. Sauf qu’à la COP21, ce ne sont pas que des retrouvailles entre bons copains autour de gâteaux et petits-fours, même si on est au pays de la gastronomie. La COP21, c’est aussi une manifestation où se côtoient, par la force des choses, des gens que parfois tout oppose, unis, l’espace de quelques jours, pour partager leur réflexion concernant la préser-vation de l’environnement. Un sujet assez sérieux pour mobiliser pas moins de 150 chefs d’Etat et 40.000 participants pour un budget organisationnel, qui s’élève à pratiquement 187 millions d’euros. Mais également les agitateurs de conscience; ceux qui s’érigent en fidèles remparts contre la pollution de la planète. En fait, à la COP21, il y a de tout et il n’y aurait que des élèves «studieux». Les vrais écolos, ces sentinelles de l’environnement convaincus de la légitimité de leur combat et qui portent fièrement en bandoulière leur fibre écologique. Ceux qui, pour la circonstance, pour ne pas dire par opportunisme, s’ins-crivent dans la mouvance et se surprennent même à être des bonshommes verts cosmétiques, défenseurs de l’environnement. Enfin, il y a les acrobates: ceux qui, l’arithmétique politicienne chevillée au corps, broutent tantôt dans les prés verts, tantôt dans le camp opposé, au gré de leurs intérêts financiers. Ces derniers sont en réalité les plus grands pollueurs de la planète et font subtilement des pays en développement de vrais cocus de l’environnement. Comment ? En leur faisant payer les conséquences d’actes qu’ils ont commis durant des décennies par le biais d’une forme de racket organisé savamment enveloppé sous le terme d’«aides». En réalité, des prêts avec intérêts (qu’il faudra rembourser) pour lutter contre une pollution dont ils ne sont pas cou-pables. Bref, la COP21 donne l’impression d’un grand théâtre dans lequel s’activent des comédiens chevronnés, qui s’exhibent à travers des discours aux relents hypocrites et où ce sont ceux qui détruisent le plus la planète qui s’érigent étonnamment en donneurs de leçons. Est-il alors permis de croire, dans ces circonstances, à un accord historique sur le climat au terme de cette COP21 ? Difficile de répondre par l’affirmative. Il faudrait peut-être com-mencer par un travail de dépollution intellectuelle, pour laisser libre cours à la pensée écologique, celle qui est débarrassée des miasmes des calculs politiques et financiers.

 

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