Le PJD, une anomalie ?
Voilà qui va peut-être faire taire tous les commentaires malveillants et ces diatribes acerbes à l’égard du Parti de la justice et du développement. Confirmation a été en effet donnée, à l’occasion des élections communales et régionales, que les islamistes ont la faveur des urnes et, surtout, la confiance des Marocains.
En tête des régionales, le parti du Chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, fait tomber sous sa coupe la plupart des grandes villes du Royaume.
Il y a quatre ans, notamment au lendemain de son arrivée au pouvoir, l’on se surprenait presque à s’interroger sur sa légitimité, même si c’est le peuple marocain qui a décidé de le porter aux affaires. Cela, simplement parce que le fameux étendard de ce qu’on appelle le printemps arabe flottait dans la plupart des pays de la région. Avec les conséquences parfois dramatiques que l’on connaît. Si les détracteurs du parti de la lampe avançaient, entre autres arguties, que le triomphe des islamistes aux législatives de 2011 était donc davantage dû à la situation géopolitique de la région, cette fois-ci, leur légitimité ne peut souffrir d’aucune contestation. Le PJD n’aura donc pas été plébiscité à cause de la météo géopolitique, mais davantage par ce qu’il incarne.
Non, définitivement, ce parti n’est pas une «anomalie» dans l’histoire politique du Royaume. Il est là et bien là, traçant d’ailleurs, à travers ces consultations communales et régionales, la voie vers des élections législatives victorieuses.
Mais alors, pourquoi les Marocains votent-ils PJD ? Dans l’absolu, on ne peut donner de réponses tranchées. Mais, ce dont on est sûr, c’est que ceux qui donnent leur suffrage au PJD n’adhèrent pas tous à l’idéologie du parti et ne sont pas tous des islamistes. «Nous avons besoin de changement», «le PJD lutte contre la corruption», «les islamistes ne s’enrichissent pas sur le dos du contribuable»… : ce sont, entre autres, quelques arguments avancés par des votants pour légitimer leur choix.
Minces comme arguments ? Peut-être. Mais toujours est-il que le fait d’être gouverné par des gens «intègres» qui ont fait de la corruption leur cheval de bataille, particulièrement dans un pays où le taux de chômage frôle les 10%, peut faire une sacrée différence dans la conscience populaire.
En tout cas, avec le recul et au regard des résultats de ces élections, il ne serait pas faux de soutenir que les Marocains ont fait volontairement fi du bilan économique mitigé du gouvernement Benkirane. Des écarts de langage répétitifs du Chef de gouvernement, souvent appelé à prendre de la hauteur par rapport à certains événements. De ses sorties médiatiques maladroites à l’égard des femmes. De son populisme souvent décrié…
Bref, malgré tout cela, les Marocains préfèrent les islamistes. Que l’on soit… au printemps ou en été





