Le temps des autres
Le marché boursier est toujours dans le rouge. Le Masi et le Madex affichaient à la clôture de la séance du 27 novembre des contre-performances annuelles respectives de 12,23 et 12,44%. Cela n’émeut personne, car la place a baigné dans cette atonie tout au long de l’année.
Si l’on peut affirmer sans risque de se tromper que cet exercice boursier est complètement… cuit, on peut tout autant soutenir qu’il ne faudrait pas s’attendre à ce que s’arrête le trend baissier de l’indice général durant les premiers mois de 2013. Car, il paraît évident qu’aujourd’hui le retour sur le marché de tous ces investisseurs désabusés et une reprise éventuelle restent étroitement liés aux réformes promises par l’argentier du Royaume. Et quand on sait tout le circuit législatif et réglementaire que nécessite la mise en place d’une seule réforme au Maroc, il y a de quoi être pessimiste. Un pessimisme qui se justifie également par le fait que le gouvernement actuel, qui essuie une véritable volée de bois vert, a d’autres priorités. Et dans la hiérarchie des urgences de Benkirane et son équipe, on ne peut guère dire que la réforme du marché des capitaux, dans sa globalité, soit en bonne position.
Pourtant, le bons sens voudrait justement que cette réforme soit une priorité. Simplement parce que pour faire du Maroc un hub financier, à travers notamment Casa Finance City, il faut nécessairement un marché financier attractif, efficient et offrant une diversité de produits susceptibles d’intéresser les investisseurs étrangers.
Mais bon, allez dire ça aux politiques ! Pour n’importe quelle réforme, ils prennent leur temps… et le temps des autres. Le temps de tous ces intervenants du marché qui, malgré leurs cris d’orfraie, se heurtent aux remparts de la nonchalance et de l’arithmétique politicienne. Tout ce dont le marché financier n’a pas besoin actuellement.
Par Fatima Ouriaghli





