L’impasse
On est encore loin d’apercevoir le bout du tunnel. La réforme du régime des retraites piétine. Et c’est peu de le dire.
Après deux réunions de la Commission nationale chargée de la réforme, rien de bien concret n’a été décidé. La troisième, qui devrait se tenir la semaine prochaine, servira à «approfondir le débat sur les différentes questions posées», comme le précise le Chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, qui a présidé mardi dernier le second round des discussions. Des discussions, ou plutôt des négociations qui sont parties pour durer.
Quelle autre lecture peut-on faire de la position des centrales syndicales, sinon qu’elles jouent la montre ? Elles savent en effet pertinemment que du temps, le gouvernement n’en dispose nullement. Il est tenu par l’urgence de la réforme. Une urgence relevée par la Cour des comptes, le Conseil économique, social et environnemental, les différents régimes concernés par la réforme, de même que nombre d’observateurs… Et c’est cela l’arme secrète des syndicats. Sinon, comment expliquer qu’ils ne veuillent dissocier le traitement du dossier de la retraite des autres points figurant dans leurs cahiers revendicatifs. On y trouve, pêle-mêle, la hausse des salaires, la baisse de l'impôt sur le revenu, la protection des libertés syndicales, la lutte contre le travail temporaire et précaire, les contrats à durée déterminée… Or, résoudre toutes ces questions, si tant est que le gouvernement y est disposé, prendra forcément du temps. Ce qui joue en défaveur de la réforme des retraites. Aussi, convenons-en, il est très peu probable que le gouvernement adhère à toutes ces revendications, surtout en ce qui concerne la hausse des salaires et la baisse de l’IR, au regard notamment de l’état actuel des finances publiques.
En cela, en ayant une posture aussi radicale, les centrales syndicales conduisent la réforme des retraites vers une vraie impasse. Une impasse qui n’arrange personne. Les futurs retraités en premier.





