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Editoriaux

Maillons faibles

LRPar La Rédaction
|Publié le 10 Septembre 2015 à 14:03
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L’ampleur du dossier rocambo­lesque de la Samir est l’exemple typique de ce qui semble régir, actuellement, le monde des affaires : plus on est puissant et qu’on pèse sur l’économie du pays, plus on bénéficie de traitements de faveur et moins on est embê­té.

Sinon, comment expliquer que l’Adminis­tration des douanes en arrive, aujourd’hui, à réclamer au raffineur pas moins de 13 Mds de DH ! C’est beaucoup.

Quid des petites structures, ces PME et TPE souvent malmenées ? Elles sont les plus mal loties dans la sphère des affaires. Avec un pouvoir de négociations très limité, elles accèdent difficilement au crédit et sont sou­vent oppressées par le fisc. Pourtant, mises ensemble, elles constituent la première force économique du Maroc.

Cette politique du deux poids, deux mesures n’est pas sans rappeler ce qui prévalait à une certaine époque à la Bourse de Casablanca. Précisément vers la fin des années 90, en pleine euphorie boursière. Il était, en effet, souvent reproché au gendarme du marché de prendre des gants face aux grosses capitali­sations, malgré le parfum de délit d’initié qui entourait certaines transactions douteuses, et ce à la faveur d’un certain déficit en termes de réglementation. Et même les sanctions infligées à cause d’irrégularités avérées lais­saient fortement penser que les grandes entreprises cotées bénéficiaient davantage de mansuétude que les petites entités. Le marché se réjouit que cette époque soit révolue.

Mais le cas Samir nous renvoie indubita­blement à cette période trouble de l’histoire du marché. Et dévoile, au grand jour, le laxisme coupable de l’Etat dans la gestion de ce dossier, quand bien même il se réveille aujourd’hui pour taper sur la table et exiger de rentrer dans ses fonds. Non, plutôt nos fonds. L’argent du contribuable.

Et, évidemment, tous ces managers qui bataillent pour maintenir leurs petites entre­prises en vie s’émeuvent de voir que, finale­ment, on les traite comme les maillons faibles du système.

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