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Monde rural : le GCAM en première ligne face aux défis agricoles

Dans un contexte marqué par la répétition des aléas climatiques, l’agriculture marocaine accélère sa transformation. A la croisée du financement, de l’accompagnement et de l’innovation, le Crédit Agricole du Maroc ajuste ses réponses pour soutenir le secteur. Entretien avec Lamya Taimouri, directrice centrale en charge du Pôle expertise agricole et développement durable au GCAM. Propos recueillis par C. Jaidani

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 24 Avril 2026 à 14:00
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Monde rural : le GCAM en première ligne face aux défis agricoles

Finances News Hebdo : Le SIAM entame cette année sa 18ème édition. Comment jugez-vous son évolution ?

Lamya Taimouri : Le SIAM s’est progressivement imposé comme bien plus qu’un simple salon. Véritable carrefour des échanges agricoles, il constitue aujourd’hui une plateforme de référence au service du développement agricole, contribuant à consolider le positionnement du Maroc comme acteur majeur d’une agriculture durable, innovante et ouverte sur le monde. Depuis son lancement, son évolution est particulièrement significative. Le Salon a changé d’échelle, tant en termes d’envergure que d’ambition. L’édition 2026, placée sous le haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et mettant le Portugal à l’honneur, s’inscrit dans cette dynamique de montée en puissance, avec une participation internationale soutenue et une forte mobilisation des acteurs du secteur. Mais au-delà de cette dimension, c’est surtout la transformation de sa vocation qui est marquante. Le SIAM est devenu un espace où se structurent les grandes dynamiques du secteur, en réunissant l’ensemble de l’écosystème agricole et en favorisant des échanges à forte valeur ajoutée. Les thématiques mises en avant, notamment autour de la durabilité de la production animale et de la souveraineté alimentaire, traduisent les priorités actuelles dans un contexte marqué par le changement climatique. Le SIAM s’affirme ainsi comme un véritable levier stratégique, contribuant à orienter les transformations du secteur et à renforcer l’attractivité du Maroc à l’échelle internationale.

 

F. N. H. : Le secteur agricole national a subi plusieurs années successives de sécheresse. Quelles sont les mesures prises par le GCAM pour accompagner les agriculteurs marocains dans ces moments difficiles ?

L. T. : Notre dispositif s’articule autour de trois axes complémentaires. Le premier vise à préserver la continuité des exploitations à travers des mécanismes d’ajustement financier, notamment les différés d’amortissement, les facilités de trésorerie et un traitement individualisé des situations selon les filières et les territoires. Le deuxième axe consiste à orienter les financements vers des systèmes plus résilients, en soutenant notamment l’amélioration des systèmes d’irrigation, le développement de cultures adaptées aux contraintes hydriques, le maintien des activités d’élevage et l’entretien de l’arboriculture. Enfin, nous avons renforcé une approche filière-territoire, qui permet d’adapter nos interventions aux réalités locales, tout en développant un accompagnement non financier et en intégrant davantage les risques climatiques dans l’évaluation des projets. La campagne agricole 2025- 2026 s’annonce plus favorable. Toutefois, cette amélioration ne remet pas en cause le diagnostic de fond : le stress hydrique est désormais structurel et impose une transformation durable des modèles agricoles.

 

F. N. H. : Y a-t-il des mesures spécifiques au profit des éleveurs pour les aider à renouveler le cheptel national ?

L. T. : La reconstitution du cheptel national est aujourd’hui un enjeu majeur, après plusieurs années de sécheresse qui ont fortement fragilisé les éleveurs. Dans ce cadre, le Crédit Agricole du Maroc joue un rôle central dans la mise en œuvre du programme national 2025-2026, doté d’une enveloppe globale de plus de 6 milliards de dirhams. Son intervention s’articule principalement autour du soutien financier, du rééchelonnement des dettes et de la facilitation de l’accès aux aides publiques pour les éleveurs touchés. Des mécanismes ont ainsi été déployés pour redonner de la visibilité aux exploitations, notamment à travers la prise en charge partielle de la dette par l’État et son réaménagement par la banque, permettant aux éleveurs de relancer progressivement leur activité. En parallèle, des aides ciblées ont permis de soutenir l’alimentation du cheptel et de préserver les femelles reproductrices, qui constituent le socle de la reconstitution. Il ne s’agit pas uniquement de reconstituer le cheptel, mais de permettre aux éleveurs de repartir sur des bases plus solides, dans un contexte qui impose une adaptation durable des systèmes d’élevage.

 

F. N. H. : La région du Gharb a connu des inondations qui ont impacté les activités agricoles. Comment se présente l’apport de votre groupe au profit de cette population ?

L. T. : Suite aux fortes pluies ayant provoqué des inondations dans les régions du Loukkos et du Gharb, le Crédit Agricole du Maroc a mis en œuvre un dispositif exceptionnel de soutien en faveur des populations rurales et des agriculteurs sinistrés. Cette intervention a visé à atténuer les impacts immédiats, à préserver la capacité de production agricole et à accompagner la relance économique locale. Ce dispositif s’est traduit par le report des échéances des crédits au titre de l’année 2026, la mise à disposition de financements d’urgence pour couvrir les besoins immédiats, ainsi que par un accompagnement personnalisé assuré à travers l’ensemble du réseau de proximité. La banque a également soutenu la reprise progressive des activités à travers le financement de la remise en état des exploitations, l’appui aux cultures, à l’élevage et aux coopératives, ainsi qu’aux activités économiques rurales, afin de préserver les chaînes de valeur. Cette mobilisation s’est faite en coordination étroite avec les partenaires institutionnels, afin de faciliter l’accès aux aides, aux indemnisations et aux financements. Elle s’inscrit dans une volonté plus large de renforcer la résilience des exploitations face aux aléas climatiques.

 

F. N. H. : Dans le monde rural, comment se décline votre contribution pour développer l’inclusion financière et la bancarisation ?

L. T. : L’inclusion financière en milieu rural constitue une expression directe de la mission de service socioéconomique du Crédit Agricole du Maroc. Elle repose sur une approche globale combinant financement, accompagnement et proximité territoriale. Dans ce cadre, le CERCAM, Centre d’études et de recherches du Crédit Agricole du Maroc, joue un rôle clé en matière d’accompagnement non financier. Il intervient notamment à travers des actions d’éducation financière, de formation et d’appui à la structuration des activités, contribuant ainsi à renforcer les capacités des populations rurales. Cette démarche se déploie à l’échelle nationale, l’accompagnement non financier venant compléter les dispositifs de financement afin de soutenir durablement les dynamiques économiques locales. Elle s’inscrit dans un dispositif plus large mobilisant l’ensemble des outils du Groupe, permettant de couvrir les différents profils d’agriculteurs et de ménages ruraux, tout en tenant compte des spécificités territoriales. Le développement des solutions digitales et le maillage territorial viennent renforcer cette dynamique. L’objectif est de faire de la finance un véritable levier d’intégration économique, en accompagnant durablement le développement des territoires ruraux. 

 

 

 

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