Mort du change fixe
Ce sera le sujet de discussion dans les milieux d’affaires durant les prochains mois. La flexibilité de change est en effet au cœur de tous les débats. Le travail accompli par Bank Al-Maghrib depuis plusieurs années prend donc forme, et va normalement se concrétiser d’ici le second semestre.
A la veille de cette transition majeure qui annonce la mort du régime de change fixe, c’est tout un travail pédagogique qui est en train d’être fait par la Banque centrale. Car, il faut expliquer et réexpliquer s’il le faut, rassurer les différents acteurs du marché, dissiper les inquiétudes et, surtout, répondre aux nombreuses interrogations que suscite le passage vers un régime de change flexible.
La valeur du Dirham va-t-elle diminuer ? Dans quelle proportion ? La balance des paiements sera-t-elle impactée ? Comment ? Le marché de change est-il suffisamment profond et liquide pour assurer une transition réussie ? Les questions ne manquent pas. Et la multiplicité des interrogations montre, tant s’en faut, qu’il y a nombre de paramètres sur lesquels les observateurs de la scène financière n’ont encore aucune visibilité, encore moins les opérateurs économiques longtemps assis… dans le confort du régime de change fixe. Et qui, subitement, ont la vague impression qu’ils vont être plongés dans un monde inconnu où le Dirham pourrait leur jouer de biens mauvais tours. D’où leurs inquiétudes légitimes.
Pour autant, un consensus semble se dégager sur le marché financier : le change fixe a atteint ses limites et il est temps qu’il passe la main au change flexible, plus en adéquation avec la phase économique que traverse le Royaume en ce moment. En effet, pour maints experts, le Maroc est actuellement «en position de force» pour libéraliser son taux de change, au regard notamment de son «excellente situation macroéconomique».
En tout cas, les choses semblent actées. Et d’ici quelques mois, s’ouvrira une nouvelle page de l’histoire monétaire du Maroc. ■





