On recommence les chamailleries !
C’est encore reparti ! Le projet de Loi de Finances 2015 dans les bacs, il faudrait s’attendre, comme il est de coutume, aux tiraillements extrêmes entre gouvernement et patronat et, surtout, aux diatribes acerbes d’une opposition très virulente.
Entre ceux qui n’ont rien et qui veulent un petit chouya, ceux qui veulent préserver leurs acquis (parfois indus) et ceux animés par la convoitise et qui en veulent toujours plus, la bataille sera ardue pour arracher au gouvernement quelques privilèges (exonérations, abattements, subventions reconduction…). D’ores et déjà, les lobbies affûtent leurs armes. Le gouvernement, pour sa part, a d’emblée une réponse… passe-partout : il faut préserver les équilibres macro-économiques déjà précaires et, surtout, veiller à ne pas accorder des faveurs à hue et à dia afin de ne pas déstabiliser davantage les finances publiques déjà largement chahutées.
Mieux, il va en profiter pour s’enorgueillir de quelques efforts consentis au titre de la Loi de Finances 2014, notamment la suppression de la règle de décalage en matière de déduction et le début de la généralisation du remboursement du crédit de TVA au profit des PME. Car, mine de rien, cela a impacté négativement le budget de l’Etat à hauteur de 4,5 Mds de DH (3 milliards dus à la règle de décalage de 5 ans et 1,5 milliard concernant le butoir).
Cela n’empêchera pas pour autant l’opposition de brailler, particulièrement dans un contexte où il urge de mettre en branle des réformes urgentes : celles de la fiscalité et du système de compensation déjà timidement amorcées, mais surtout celle très attendue du système des retraites.
Mais bon, le nombre d’amendements qui seront apportés à ce projet de Loi de Finances donnera, in fine, une idée du travail accompli par les parlementaires… et les puissants lobbies.
Mais, au-delà des chamailleries qui vont émailler la discussion de ce PLF 2015, il semble important de relever, tant s’en faut, que le projet intègre une dimension socio-économique très importante en ce qu’il permet, désormais, aux étrangers résidents au Maroc et en situation régulière d’acquérir des logements à faible valeur immobilière et des logements destinés à la classe moyenne, dans les conditions prévues par les dispositions en vigueur. L’accès à la propriété de ce type de logements qui, rappelons-le, ont fait l’objet de conventions conclues avec l’Etat, était jusque-là exclusivement réservé aux citoyens marocains. Cette ouverture élargit certes la fenêtre de tir des promoteurs immobiliers, mais elle s’inscrit surtout dans l’esprit de la politique migratoire initiée et voulue par le Souverain : une politique migratoire humaniste, qui a commencé par une opération exceptionnelle de régularisation massive des sans-papiers vivant dans le Royaume, et qui offre désormais aux résidents étrangers les mêmes chances d’accéder à la propriété que les Marocains.





