Otage
Stand-by pesant. On ne pourrait qualifier autrement la situation qui règne actuellement dans le Royaume. Un climat d’attentisme général semble, en effet, plomber l’activité économique.Les patrons ont le moral en berne, la Bourse est dans une profonde léthargie qui dure depuis plusieurs mois et les politiques ont déjà la tête enfouie dans les prochaines élections législatives.
Et tout le monde attend que cela se décante. Mais d’où viendra le signal ? C’est la question que les observateurs se posent. Non sans penser légitimement qu’il pourrait provenir du prochain gouvernement. Mais auquel cas, il faudra évidemment faire preuve de beaucoup de patience. Car, d’ici la tenue des élections, les consultations post-électorales, la formation du gouvernement et la mise en place et la discussion de la Loi de Finances 2012, il faudra des mois. Des mois durant lesquels l’incertitude, le manque de visibilité et les supputations seront autant de facteurs qui alimenteront ce climat d’attentisme et soutiendront la méfiance des investisseurs.
Cette situation atypique, voire incongrue, dont les conséquences risquent d’être fâcheuses, on la doit aux calculs des hommes politiques davantage soucieux de préserver les privilèges que leur confère leur statut.
Pourtant, le Maroc doit faire face à des priorités urgentes, notamment dans un contexte marqué non seulement par la nécessité de soutenir concrètement les réformes constitutionnelles, mais également par les turbulences économiques que traversent les principaux pays partenaires du Royaume.
Aujourd’hui, c’est clair : le politique tient l’économie en otage, sous le regard impuissant des citoyens. Croisons donc les doigts et attendons ! En espérant qu’à l’heure des comptes, les contribuables ne seront pas, encore une fois, appelés à passer à la caisse. ■
Par Fatima Ouriaghli





