Moroccan Consumer Day 2026 : les acteurs du paiement digital débattent des enjeux de confiance et de régulation
Innovation, régulation et protection des consommateurs. Ces enjeux ont dominé les débats de la 7e édition du Moroccan Consumer Day, organisée jeudi à Casablanca, alors que le Maroc accélère la transformation de son écosystème des paiements.

Réunissant régulateurs, banques, opérateurs de paiement, fintechs, experts et représentants des consommateurs, la rencontre a mis en lumière les conditions nécessaires pour accompagner cette mutation et placer l'utilisateur au cœur de la révolution numérique des paiements.
En ouvrant les travaux, Nabil Taoufik, directeur de publication de Consonews, a rappelé que le paiement dépasse désormais le simple cadre financier. « Le paiement ne relève plus uniquement d'une dimension technique. Il transforme notre manière de consommer, d'acheter, de vendre, de recevoir une aide sociale, de régler une facture ou encore d'accéder à différents services », a-t-il déclaré.
Selon lui, les smartphones, les QR codes, les établissements de paiement, les fintechs et l'intelligence artificielle redessinent progressivement le paysage des transactions. « Cette révolution représente une formidable opportunité pour l'inclusion financière, la compétitivité et la modernisation du commerce, mais elle doit avant tout rester au service du citoyen », a-t-il ajouté.
L'innovation doit s'accompagner d'un cadre de confiance
Si les solutions technologiques se multiplient, leur développement repose sur un environnement réglementaire solide. Les débats ont ainsi souligné l'importance de trouver le juste équilibre entre innovation, ouverture du marché et protection des utilisateurs.
Intervenant lors du premier panel, Mohammed Adnane Boutaib, expert en transformation digitale, innovation financière et gestion de projets stratégiques, a estimé que la confiance constitue la condition indispensable au développement des paiements numériques. « L'innovation et la concurrence doivent évoluer dans un environnement qui garantit la confiance des utilisateurs et la résilience du système de paiement », a-t-il expliqué.
Fort de plus de dix ans d'expérience dans les domaines de la banque, des paiements électroniques et des technologies financières, il a également insisté sur l'importance d'un cadre réglementaire capable d'accompagner l'évolution rapide du secteur tout en préservant la sécurité des transactions.
Faire évoluer les usages
Pour Ismail Bellali, fondateur et CEO d'Unipay, ancien CEO du Centre Monétique Interbancaire (CMI), la question n'est plus de savoir si les technologies existent, mais comment favoriser leur adoption. « Les solutions sont aujourd'hui disponibles. Le véritable défi consiste à développer les usages et à créer de la valeur aussi bien pour les commerçants que pour les consommateurs », a-t-il indiqué.
Selon lui, la réussite du paiement digital passe avant tout par une expérience utilisateur simple, rapide et sécurisée. « Plus le paiement est fluide et intuitif, plus son adoption devient naturelle », a-t-il souligné, estimant que l'innovation doit avant tout répondre aux besoins du quotidien.
Le consommateur comme priorité
La transformation numérique des paiements ne peut cependant réussir sans renforcer les droits des consommateurs. C'est le message porté par Ouadie Madih, président de la Fédération nationale des associations du consommateur (FNAC Maroc). Pour lui, la confiance constitue le socle de cette transition. « Le consommateur doit être informé, protégé et accompagné. Il doit connaître ses droits et disposer de recours efficaces en cas de difficulté », a-t-il affirmé.
Au-delà des questions liées à la fraude ou à la cybersécurité, il a plaidé pour davantage de pédagogie afin de permettre aux citoyens d'utiliser les nouveaux moyens de paiement en toute sérénité.
Du côté de HPS, Mohamed Bourazza, expert en conformité, gestion des risques et gouvernance, a insisté sur le rôle de la confiance dans le développement des paiements numériques. « L'innovation ne peut produire ses effets que si elle s'accompagne d'un niveau élevé de sécurité, de conformité et de transparence », a-t-il souligné. Selon lui, l'évolution des solutions de paiement doit permettre d'offrir une expérience plus fluide aux utilisateurs tout en garantissant la protection des données et la résilience des systèmes.
Au terme des échanges, un constat s'est imposé : le Maroc dispose aujourd'hui des infrastructures, des compétences et des acteurs nécessaires pour accélérer la digitalisation des paiements. La prochaine étape ne dépendra plus uniquement des avancées technologiques, mais de la capacité de l'ensemble de l'écosystème à instaurer une confiance durable auprès des consommateurs et des commerçants.





