Prévention !
La Compensation coûte cher à l'Etat : 32 Mds de DH au titre de l'exercice budgétaire 2011.
A l'heure où certains appellent à une réforme plus que nécessaire, les pouvoirs publics essaient, tant bien que mal, de faire en sorte que les subventions bénéficient exclusivement aux Marocains. C'est le sens de la dernière mesure prise visant l'industrie du sucre et consistant en la délivrance préalable d'une licence d'exportation et la restitution des 5 DH de subvention par kg de sucre. Une mesure ciblée et pour le moins logique, surtout lorsque l'on sait que les 6.000 tonnes de sucre exportées, qui ont notamment induit des perturbations au niveau de l'approvisionnement du marché local, équivalent à environ 30 MDH de fuite de subvention. Cela peut sembler certes dérisoire comparé aux 1.200.000 tonnes consommées chaque année au Maroc, mais cette décision «préventive» a tout au moins le mérite de recadrer les exportateurs et de faire profiter de la subvention à qui de droit, c'est-à-dire exclusivement les Marocains.
Car, effectivement, si rien n'était fait, les 30 MDH d'aujourd'hui pourraient bien être 300 MDH demain, auxquels il faudrait aussi ajouter les fuites de subvention au niveau des engrais (voir P. 33 et 34).
Une situation inconcevable à l'heure où le gouvernement s'évertue vaille que vaille à limiter les dépenses de compensation à 3% du PIB, dans un contexte économique international pour le moins défavorable caractérisé par une flambée des matières premières. Flambée qui a conduit justement à une rallonge budgétaire de 15 Mds de DH à la Caisse de compensation pour contenir les prix et préserver le pouvoir d'achat des Marocains.
Il reste maintenant à savoir s'il n'y aura pas une rallonge supplémentaire. Surtout devant l'explosion des cours du baril de pétrole largement au-dessus des 100 dollars !
Par Fatima Ouriaghli





