Prévisions énergétiques en 2030 : Les besoins vont doubler !
Le Maroc a pris conscience de la nécessité d’assurer son approvisionnement et de réduire sa dépendance vis-à-vis de l’extérieur, qui représente environ 95% de sa consommation énergétique.
L’étude de deux analystes sur les prévisions de la consommation d'énergie du Maroc vers 2030 montre que nos besoins énergétiques vont doubler.
La croissance économique d’un pays implique inéluctablement l’augmentation de sa consommation en énergie. Raison pour laquelle, l’approvisionnement énergétique constitue le nerf de la guerre de tout pays inscrit dans le processus d’émergence. Le Maroc, à l’instar d’autres pays, a pris conscience de la nécessité d’assurer son approvisionnement et de réduire sa dépendance vis-à-vis de l’extérieur, qui représente environ 95% de sa consommation énergétique actuelle. Une dépendance qui pèse lourdement aussi bien sur la balance commerciale que sur le déficit budgétaire.
Pour faire face à cette situation, le Maroc a lancé en 2009 la Stratégie nationale de l’énergie, qui vise à porter la part des énergies renouvelables dans la capacité de production en électricité à 42% à l’horizon 2020. Ce mix énergétique permettra d’assurer les besoins en énergie de plus en plus croissants. Une évidence confirmée par une analyse réalisée par Amin Bennouna, Docteur en physique, et Charaf El Hebil, cadre supérieur à la Direction nationale de l'hydraulique, sur les prévisions de la consommation d'énergie du Maroc vers 2030.
Pour réaliser cette analyse, parue dans Energy Policy, les deux experts ont suivi la méthodologie suivante : introduire le concept d'intensité énergétique «partielle» applicable à chacun des segments de consommation d'énergie du Maroc; proposer et utiliser les deux modèles mathématiques, qui ajustent au mieux les données historiques, arrêtées à 2012, de chacun des segments de consommation d'énergie; extrapoler ces modèles dans l'avenir en se basant sur trois scénarios d'évolution future du PIB pour l'analyse de sensibilité à la croissance économique…
Les analystes sont arrivés à la conclusion que les corrélations rétrospectives des deux modèles retenus sont excellentes, mais leurs extrapolations sur le futur aboutissent à des prévisions légèrement différentes.
Pour l’un des deux modèles utilisés, le scénario moyen de croissance économique donne les prévisions, qui figurent dans le tableau.
La consommation du combustible blanc, par exemple, passera de 9,38 Mtep en 2020 à 14,59 Mtep en 2030, tandis que celle du butane passera de 3,14 Mtep en 2020 à 4,64 Mtep en 2030.
Quant à l’électricité injectée, elle passera du simple au double, soit de 54,78 TWh en 2020 à 100,37 TWh en 2030. Ce qui montre que les besoins en électricité vont doubler dans les 15 prochaines années.
Pour faire face à ces besoins croissants en énergie, les auteurs de cette étude préconisent certaines recommandations. Il s’agit, entre autres, de prendre toutes les mesures d’efficacité énergétique pour freiner la croissance de l’intensité énergétique basée sur des DH constants et établir au plus tôt l’extension du programme d'équipement de production électrique après 2020, tout en prévoyant des mesures contre les anciens retards de mise en oeuvre. Ils recommandent également une mesure impopulaire à savoir supprimer la subvention du gaz butane pour ralentir la croissance de sa consommation et de son intensité énergétique partielle.
Lamiae Boumahrou





