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Développement durable

Prévisions énergétiques en 2030 : Les besoins vont doubler !

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 7 Décembre 2015 à 16:04
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Le Maroc a pris conscience de la nécessité d’assurer son approvisionnement et de réduire sa dépendance vis-à-vis de l’extérieur, qui représente environ 95% de sa consom­mation énergétique.

L’étude de deux analystes sur les prévisions de la consom­mation d'énergie du Maroc vers 2030 montre que nos besoins énergétiques vont doubler.

La croissance éco­nomique d’un pays implique inéluctable­ment l’augmentation de sa consommation en éner­gie. Raison pour laquelle, l’ap­provisionnement énergétique constitue le nerf de la guerre de tout pays inscrit dans le processus d’émergence. Le Maroc, à l’instar d’autres pays, a pris conscience de la néces­sité d’assurer son approvision­nement et de réduire sa dépen­dance vis-à-vis de l’extérieur, qui représente environ 95% de sa consommation énergétique actuelle. Une dépendance qui pèse lourdement aussi bien sur la balance commerciale que sur le déficit budgétaire.

Pour faire face à cette situa­tion, le Maroc a lancé en 2009 la Stratégie nationale de l’éner­gie, qui vise à porter la part des énergies renouvelables dans la capacité de production en électricité à 42% à l’horizon 2020. Ce mix énergétique per­mettra d’assurer les besoins en énergie de plus en plus crois­sants. Une évidence confirmée par une analyse réalisée par Amin Bennouna, Docteur en physique, et Charaf El Hebil, cadre supérieur à la Direction nationale de l'hydraulique, sur les prévisions de la consom­mation d'énergie du Maroc vers 2030.

Pour réaliser cette analyse, parue dans Energy Policy, les deux experts ont suivi la méthodologie suivante : intro­duire le concept d'intensité énergétique «partielle» appli­cable à chacun des segments de consommation d'énergie du Maroc; proposer et utiliser les deux modèles mathéma­tiques, qui ajustent au mieux les données historiques, arrêtées à 2012, de chacun des segments de consom­mation d'énergie; extrapoler ces modèles dans l'avenir en se basant sur trois scénarios d'évolution future du PIB pour l'analyse de sensibilité à la croissance économique…

Les analystes sont arrivés à la conclusion que les corréla­tions rétrospectives des deux modèles retenus sont excel­lentes, mais leurs extrapola­tions sur le futur aboutissent à des prévisions légèrement différentes.

Pour l’un des deux modèles utilisés, le scénario moyen de croissance économique donne les prévisions, qui figurent dans le tableau.

La consommation du combus­tible blanc, par exemple, pas­sera de 9,38 Mtep en 2020 à 14,59 Mtep en 2030, tandis que celle du butane passera de 3,14 Mtep en 2020 à 4,64 Mtep en 2030.

Quant à l’électricité injectée, elle passera du simple au double, soit de 54,78 TWh en 2020 à 100,37 TWh en 2030. Ce qui montre que les besoins en électricité vont doubler dans les 15 prochaines années.

Pour faire face à ces besoins croissants en énergie, les auteurs de cette étude pré­conisent certaines recomman­dations. Il s’agit, entre autres, de prendre toutes les mesures d’efficacité énergétique pour freiner la croissance de l’inten­sité énergétique basée sur des DH constants et établir au plus tôt l’extension du programme d'équipement de production électrique après 2020, tout en prévoyant des mesures contre les anciens retards de mise en oeuvre. Ils recommandent également une mesure impo­pulaire à savoir supprimer la subvention du gaz butane pour ralentir la croissance de sa consommation et de son inten­sité énergétique partielle.

Lamiae Boumahrou

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