Pétrole : les cours marquent une pause, le marché reste suspendu aux tensions autour du détroit d'Ormuz
Les cours du pétrole ont légèrement reculé jeudi, les investisseurs prenant le temps d'évaluer les conséquences des nouvelles frappes américaines contre l'Iran et leur impact potentiel sur l'approvisionnement mondial en hydrocarbures.

Vers 09h38 GMT, le Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre cédait 0,21% à 77,86 dollars le baril. Son équivalent américain, le West Texas Intermediate (WTI), reculait de 0,20% à 73,37 dollars. Ce léger repli intervient après une séance de forte hausse mercredi, au cours de laquelle les deux références avaient atteint leur plus haut niveau depuis le 22 juin.
Cette accalmie ne traduit toutefois pas une disparition des tensions. Les marchés restent focalisés sur le détroit d'Ormuz, passage stratégique par lequel transite près d'un cinquième des flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Les frappes américaines contre des positions iraniennes, suivies de représailles revendiquées par Téhéran contre le Koweït et Bahreïn, continuent d'alimenter les inquiétudes.
« Les opérateurs réévaluent la situation, alors que l'incertitude demeure sur les flux pétroliers transitant par le détroit d'Ormuz », explique Tim Waterer, analyste en chef chez KCM Trade. Selon lui, la perspective d'une désescalade du conflit empêche, pour l'instant, une nouvelle envolée des prix.
Sur le terrain, la prudence gagne également le secteur maritime. Plusieurs assureurs spécialisés dans les risques de guerre recommandent aux armateurs de suspendre temporairement leurs traversées du détroit, tandis que d'autres réexaminent les conditions de couverture proposées aux navires évoluant dans la région.
Les analystes restent partagés sur l'évolution des cours dans les prochaines semaines. Goldman Sachs estime que le scénario central repose sur une reprise progressive des négociations, un retour des flux pétroliers à un niveau normal d'ici la fin juillet et un rétablissement des garanties de sécurité pour les transporteurs. À l'inverse, un enlisement diplomatique, une multiplication des attaques contre les pétroliers ou un durcissement des sanctions contre les exportations iraniennes pourraient raviver les tensions sur les marchés.
Chez WisdomTree, les prévisions restent prudentes. L'établissement anticipe un Brent évoluant dans une fourchette comprise entre 75 et 85 dollars le baril au cours du mois à venir, avec un léger biais haussier, estimant que les risques géopolitiques continuent de soutenir les prix malgré une reprise progressive de l'offre.
À ces incertitudes s'ajoute la décision de la Russie de suspendre ses exportations de diesel afin de préserver son marché intérieur, confronté à des tensions d'approvisionnement après plusieurs attaques de drones contre des raffineries. Une mesure susceptible de maintenir la pression sur les marchés des carburants dans les semaines à venir.





