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Editoriaux

Si j’étais une femme…

LRPar La Rédaction
|Publié le 5 Mars 2015 à 12:04
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Je me lèverais aux aurores afin de préparer le p’tit déj pour mes deux petits bouts de chou, avant de les emmener à l’école. Ils me diraient alors «bonne journée maman»; trois mots qui me remettraient d’aplomb et gommeraient mes frustrations. Le p’tit déj, je le préparais aussi pour mon homme, même s’il est toujours grognon, et quand bien même je sais que je ne recevrai pas ce petit «merci chérie» qui m’aurait pourtant tant fait plaisir.

Je serais allée au travail en ayant essuyé, sur ce court trajet qui me sépare de mon bureau, des regards et des propos obscènes de la part de goujats qui n’ont aucun respect pour la femme. Ces petites intelligences qui oublient souvent que chez eux, ils ont laissé une mère, une soeur, une fille…

Je serais arrivée au bureau pleine de colère, nourrie encore plus par un sentiment d’injustice, car je suis moins bien rémunérée que mon collègue, même si j’ai plus de compétences que lui.

J’aurais du réconfort en repensant à mes enfants, eux qui illuminent mon existence et me font apprécier avec beaucoup plus de philosophie mon quotidien. Je retournerais alors à la maison après une journée de dur labeur, envahie par le bonheur de les revoir, de les chouchouter.

Je me ferais alors coquette et coquine pour mon homme, même si c’est un macho avare de compliments qui ne se rend point compte des efforts que je fais pour lui plaire.

Je scintillerais toujours comme un lustre, et cette pâle lanterne vieillotte (sic !), frappée par l’usure du temps, s’écarterait penaude à mon passage.

Je ruminerais ma frustration de voir que mon homme s’oublie régulièrement devant la télé, télécommande à la main.

Je serais patiente avec lui, même s’il est toujours dehors avec ses potes pour ratisser les pubs de la ville.

Je ruminerais ma tristesse de voir qu’il oublie toujours mon anniversaire… et notre anniversaire de mariage.

Je serais nostalgique de ce jour où il m’a passé la bague au doigt en me susurrant à l’oreille qu’il m’aimerait toujours.

Je souffrirais de voir que je ne recevrai même pas une petite rose le jour de la Saint-Valentin, fête qui, dit-il, est une arnaque commerciale savamment orchestrée pour couple crédule.

J’éviterais de repenser à ce passé récent qui me semble pourtant bien lointain, cette belle époque où nous étions à la fois amis et complices, liés par un amour passionné.

Je ménagerais ma belle-mère, même si cette bonne femme intrusive essaie de gérer mon ménage et me considère comme une rivale. Je ménagerais également cette belle-soeur jalouse et aigrie de ne pas avoir trouvé un mari, qui sème constamment la zizanie au sein de mon couple. Je supporterais les humiliations et les brimades pour rester dans les liens sacrés du mariage, car le divorce est très mal vu dans la société marocaine.

Et je m’endormirais chaque jour en me disant que, dans ce Maroc où la voix de la femme peine à être audible, il y a de braves femmes qui endurent pire que cela et qui souffrent dans la dignité.


Finalement, c’est galère d’être femme ! Heureusement que je suis un homme. Un homme qui, à l’occasion du 8 mars, consacré Journée mondiale de la femme, rend un vibrant hommage à toutes ces dames qui façonnent le monde d’aujourd’hui

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