Souks hebdomadaires: un élément majeur pour le développement rural
Au nombre de 889, ces sites doivent être réorganisés en investissant dans leur réhabilitation.
Outre la modernisation des infrastructures, l’élément humain doit être pris en considération.
Par C. Jaidani
Le souk hebdomadaire a une place particulière dans le monde rural. Outre son aspect commercial, ces sites sont un lieu de rencontres et de négociations. Le plus souvent, ils sont dotés d’équipements administratifs et de services publics pour offrir les différentes prestations locales. Ainsi, ils regroupent le siège de la commune rurale, un centre de soins ou un dispensaire ainsi que l’école ou le collège. Certains souks ont connu une expansion urbanistique soutenue ces dernières décennies, au point qu’ils sont devenus de véritables villes.
C’est le cas de Had Soualem, Tit Mellil, Médiouna, Dar Bouazza, pour ne citer que ceux proches de Casablanca. Ayant pris conscience de l’importance des souks hebdomadaires dans le développement du monde rural, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a, dans un rapport, relevé les difficultés que rencontrent ces sites en termes de mode de fonctionnement et d’infrastructures. Au nombre de 889, dont 822 ont lieu régulièrement, ces sites doivent être réorganisés en investissant dans leur réhabilitation et leur modernisation pour en faire un véritable lieu de développement.
Le CESE estime que ces souks doivent promouvoir une gestion participative et coordonnée en rationnalisant les revenus et en créant de la richesse au profit de la population locale. En tant que service public de proximité, lieu de vie social ancré dans les habitudes de la société marocaine et baromètre de la vie rurale, le souk hebdomadaire constitue une plateforme commerciale socioéconomique et culturelle importante, mais insuffisamment exploitée.
Le rapport du CESE s’est focalisé sur l’absence d’une vision nationale partagée et déclinée au niveau régional, un chevauchement des rôles et des compétences des acteurs impliqués ainsi que le mode de gestion ne garantissant pas une performance économique soutenue.
A cela, s’ajoutent d’autres problèmes liés notamment à la qualité des produits et à la sécurité sanitaire. Le rapport préconise la spécialisation des souks en fonction de leur vocation (à l’instar des souks pilotes à bestiaux), et de les doter d’équipements modernes afin de réduire les circuits informels de distribution et de commercialisation. Mais il est utile de relever que l’élément humain n’a pas été suffisamment pris en compte dans ce rapport.
«Pratiquement, toutes les stratégies nationales ou sectorielles ont été conçues sur la base d’objectifs chiffrés, avec une feuille de route précise préalablement bien définie. Malheureusement, ces visions accordent très peu d’intérêt au développement de l’élément humain. C’est pour cela qu’on dénombre quelques lacunes lors de la réalisation des programmes. Pour les souks hebdomadaires, il est primordial de prendre en considération les spécificités locales. Il ne faut pas imposer des schémas standards à toutes les régions. Chacune a ses propres besoins, ses atouts et aussi ses contraintes», explique Mohamed Amrani, économiste.
«Parmi les facteurs de sousdéveloppement du monde rural, figurent notamment l’analphabétisme et l’ignorance. Le souk est un lieu idéal pour en atténuer l’effet à travers des campagnes de formation et de promotion du facteur humain. Il faut juste chercher la formule la plus pertinente», ajoute-t-il. Il est donc utile de prévoir des espaces dédiés aux activités culturelles, de loisirs et d’épanouissement des usagers.
Comme il est recommandé, le jour du souk, de mener des actions de formation, de sensibilisation et d’information, notamment sur des sujets d’ordre politique, culturel et social et partager le savoir et les bonnes pratiques citoyennes permettant de mieux rapprocher la population rurale.





