Super Benkirane
Il y a quelques semaines se tenait à Casablanca le Forum de Paris. Et lors d’une intervention, Ana Palacio, ancienne ministre espagnole des Affaires étrangères, avait évoqué, entre autres défis dans la région méditerranéenne, celui de la perception. Et elle disait qu’en regardant du Nord vers la rive Sud de la Méditerranée, le printemps arabe se résumerait à une montée en puissance des islamistes au pouvoir. Notamment au Maroc.
Une perception parfois justifiée, mais à appréhender avec mesure. Car, contrairement à une idée assez répandue au sein de l’opinion publique, la montée des islamistes au pouvoir ne doit pas être systématiquement perçue comme une menace. En cela, Abdelillah Benkirane, notre chef du gouvernement, qui intervenait à la rencontre Maroc-France à Rabat (voir pages 23 et 24), a été plus que rassurant : il a séduit par son franc-parler, son accueil chaleureux des invités du Maroc (200 chefs d’entreprise français intéressés d’investir au Maroc) et a permis aux investisseurs étrangers de dépasser leurs craintes à travers un échange franc, transparent et sans détour.
Cela lui a valu d’être longuement applaudi, surtout qu’il a assuré de son plein soutien aux opérateurs français au Maroc. Leur promettant l’écoute et l’aide à tous les stades de l’acte d’investir.
Evidemment, toute personne raisonnée et raisonnable saurait saisir l’intérêt des deux pays à renforcer leur partenariat économique, surtout dans un contexte mondial très compliqué et incertain. Autant se soutenir entre amis.
Au-delà des discours de circonstance, il faut cependant honorer tout engagement donné pour que les investisseurs palpent certains changements, notamment une amélioration de la gouvernance et une plus grande efficience de l’action publique. Et c’est sur ce terrain-là que le gouvernement Benkirane sera concrètement jugé.
Par Fatima Ouriaghli





