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Editoriaux

Un forum de concorde

LRPar La Rédaction
|Publié le 20 Février 2014 à 09:15
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«Chers entrepreneurs, vous devez travailler parce que vous avez des impôts et des charges à payer à la fin de chaque mois. Les hommes politiques, eux, n’ont pas d’impôts à payer, donc ils ne sont pas pressés pour régler les problèmes». Cette déclaration de Abdelilah Benkirane, lors de l’inauguration du 3ème Forum des entrepreneurs maghrébins, tenu à Marrakech, a fait éclater de rire les hommes d’affaires, venus nombreux pour participer à cet événement qui, hasard du calendrier, coïncide jour pour jour avec le lancement de l’Union du Maghreb Arabe, en 1989.

Le Chef du gouvernement est doué pour ses saillies burlesques, on le savait. Mais là, il est sincère, et ce qu’il affirme n’a presque rien d’amusant sauf qu’il s’agit d’un constat amer sur 25 ans d’atermoiements, à vouloir construire un Maghreb parfait et intègre, autrement dit un mythe.
Nul n’ignore que la pomme de discorde du Maghreb Arabe demeure invariablement la question du Sahara marocain, entretenue et nourrie, à petit feu, par notre voisin de l’Est. Nul n’ignore également que la prospérité de toute la région passe par la voie de son intégration économique qui, hélas, perd son chemin dans les dédales des ambitions politiques et prend en otage l’avenir de 90 millions d’habitants. Le Forum des entrepreneurs maghrébins fut une autre occasion où banquiers, financiers, industriels et autres experts avaient évoqué les rapports alarmants de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international : 3 à 9 milliards de $ de manque à gagner, soit 3% de PIB, autrement dit des centaines de milliers d’emplois pour les jeunes maghrébins.
Voilà une situation sans issue qui perdure. Que faire donc ?
La solution, s’il en existe une, est inéluctablement synonyme de concorde économique entre les entrepreneurs de la région pour qu’ils puissent, non seulement développer mutuellement des débouchés sur les marchés de l’Afrique du Nord, mais aussi négocier des accords avec d’autres pôles économiques tels que l’Union européenne, l’ASIAN, le Mercosur… Contrairement aux politiques, les entrepreneurs n’ont pas besoin de se justifier auprès des citoyens à chaque échéance électorale, ils sont guidés seulement par le bénéfice qu’ils peuvent gagner là où les conditions d’investissement les interpellent. «Travaillez, nous vous suivrons», là encore, c’est Benkirane. Et là aussi, il ne plaisante pas !


Par F.Z. Ouriaghli
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