Habitat et urbanisme : quelle place pour les petits promoteurs dans la nouvelle dynamique du secteur ?

Habitat et urbanisme : quelle place pour les petits promoteurs dans la nouvelle dynamique du secteur ?

Avec l’essor du secteur de l’habitat et de l’urbanisme, tout un écosystème de promoteurs immobiliers s’est développé. Outre les promoteurs de grande taille, le secteur a vu émerger de petits entrepreneurs qui choisissent d’opérer dans les villes périphériques et les petites localités.

 

Par C. Jaidani

Le Maroc connaît une dynamique significative en matière d'urbanisation, portée par la croissance démographique et l'exode rural. Pour répondre aux besoins croissants de logement et garantir un accès plus large à l’habitat, le gouvernement a initié plusieurs programmes, dont le programme de «logement social» et plus récemment «Daam Sakane». Bien que tous les objectifs n’aient pas été atteints, la stratégie étatique dans le domaine de l’habitat et de l’urbanisme a permis de développer un véritable écosystème.

Dans cet écosystème, on retrouve des promoteurs immobiliers, fabricants de matériaux de construction et divers corps de métiers, favorisant ainsi la création d’emplois et une valeur ajoutée pour l’économie nationale. La réussite de cette politique s’appuie sur un partenariat stratégique entre le secteur public et le privé. Dans ce cadre, l’État collabore avec des promoteurs immobiliers pour mener à bien des projets dans les différentes régions du Royaume.

Ce partenariat se concrétise à travers la conclusion de conventions, principalement avec de grands promoteurs pour la réalisation de projets de logement social. Le choix de ces opérateurs s‘explique par leurs ressources financières solides et leurs compétences techniques. Cependant, pour accélérer les programmes et développer l’accès au logement, notamment dans les zones rurales, des ajustements ont été apportés. Les grands promoteurs se concentrant majoritairement sur les grandes métropoles pour développer des projets, qu’ils soient à caractère social, moyen ou haut standing, les petites agglomérations étaient souvent négligées. Afin de remédier à cette situation, la Loi de Finances 2019 a abaissé le seuil minimum requis pour obtenir une convention avec l’État, de 500 à 100 logements.

Cette mesure a permis d’élargir le cercle des promoteurs éligibles et d’encourager les investissements dans des régions auparavant délaissées, notamment en milieu rural. Selon Mohamed Alaoui, expert en immobilier, cette initiative est essentielle pour développer des centres émergents dans les 1.282 communes rurales du pays ainsi que pour encourager l'expansion urbaine dans les 256 communes urbaines.

Le témoignage de Hicham Tamri, petit promoteur opérant dans la périphérie de Casablanca, illustre bien ce bouleversement. Il explique que «lancer un projet immobilier conventionné au cœur des grandes métropoles reste complexe, notamment en raison de la rareté et du coût élevé du foncier. En conséquence, de nombreux petits promoteurs optent pour des localités proches des grandes villes où les démarches administratives sont moins contraignantes, telles que Had Soualem, Jemaâ des Feddalat, El Gara ou Zenata pour ce qui est de Casablanca. Pour Rabat, ils choisissent des localités comme Ain Aouda, Bouznika, Tifelt, Skhirate...». En tout cas, la distance avec la métropole centrale ne doit pas excéder 40 km.

Dans ces métropoles périphériques, les terrains y sont plus abordables tout comme les autres coûts, tels que la maind'œuvre. Ces conditions favorisent l’émergence d’une nouvelle classe de petits promoteurs sur l’ensemble du territoire national. Mohamed Alaoui souligne également que ces petits promoteurs jouent un rôle clé dans la réalisation de marchés publics, tels que la construction d’écoles, de dispensaires ou d'autres infrastructures publiques dans les zones reculées du Royaume.

La promotion de cette catégorie d’entrepreneurs constitue un levier stratégique pour dynamiser l’investissement, générer davantage d’emplois et renforcer les recettes fiscales de l’État. Ainsi, cette dynamique illustre clairement le potentiel qu’a le développement local pour contribuer au progrès économique national. La concurrence entre ces opérateurs permettra de hisser la qualité, de tirer les prix vers le bas et les rendre de plus en plus abordables pour tous les segments d’immobilier. 

 

 

 

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