Les inondations qui ont récemment frappé les régions du Gharb et du Loukkos ont causé d’importants dégâts aux exploitations agricoles, compromettant une grande partie des cultures. Alors que les intempéries s’estompent, les agriculteurs s’attellent désormais à remettre leurs terres en état et envisagent la reconversion de certaines parcelles.
Par C. Jaidani
Ayant touché sévèrement les régions du Gharb et du Loukkos, les inondations ont impacté les terres agricoles causant d’énormes dégâts aux plantations, devenues irrécupérables pour la plupart. Avec la fin des intempéries, a germé l’idée de la reconversion vers d’autres cultures ou de la replantation des parcelles sinistrées. Les exploitants veulent utiliser cette période d’accalmie pour entamer les travaux du sol, les opérations de semis et profiter ainsi des pluies printanières pour assurer une reprise des activités agricoles.
Comme l’explique Abdelmounaim Guennouni, ingénieur agronome, «dans le Gharb, la situation est mitigée. Il faut distinguer les zones bours des zones irriguées. Dans le premier cas, certaines sous-régions ont été touchées par les inondations, mais les cultures n’ont été que partiellement impactées.
Dans d’autres, la montée des eaux a endommagé les exploitations car les fellahs ne disposent pas de matériel de drainage des eaux. La sécheresse persistante qui a sévi ces dernières années les a dissuadés d’acheter ces équipements, jugés inutiles vu leur coût élevé. La reconversion sera difficile dans les zones bours, car la période actuelle n’est plus favorable pour les cultures conventionnelles. Il faut privilégier les cultures adaptées comme les plantations printanières, fourragères, maraîchères, oléagineuses, maïs et les légumineuses. Aussi, il est conseillé d’utiliser des variétés tardives pour accroître les chances de réussir le cycle de production».
Et d’ajouter que «pour être praticables, les terrains inondés nécessitent des techniques que les exploitants ne maîtrisent malheureusement pas. Mais les délégations provinciales du département de l’Agriculture et les agents de l’Office national du conseil agricole (ONCA) sont bien placés pour prodiguer les conseils nécessaires, comme l’utilisation d’intrants adéquats ainsi que donner des recommandations concernant les dates de début et de fin des semis et des autres travaux».
A noter que pour venir en aide aux agriculteurs sinistrés, le ministère de l’Agriculture a pris une série de mesures, dont la distribution de l’aliment de bétail pour soutenir les éleveurs qui ne disposent plus de parcours naturels ou de pâturage pour assurer les activités pastorales.
De son côté, le Groupe Crédit Agricole du Maroc (GCAM) a mis en place un dispositif de soutien pour accompagner les agriculteurs. Le programme comporte l’exonération des frais d’exécution des mandats au profit des habitants des localités impactées pendant les mois de février et mars.
«Fidèle à sa philosophie, le GCAM a toujours été au chevet des fellahs dans les moments difficiles. Notre initiative vise à atténuer l’effet des inondations et d’aider les exploitants à relancer leurs activités. Notre réseau, avec l’ensemble des points de vente de la banque classique ainsi que de toutes les filières, est à la disposition des exploitants. A cet égard, nous assurons un accompagnement personnalisé au cas par cas pour proposer des solutions concrètes à nos clients», souligne Mostafa Chehhar, Directeur général adjoint en charge de la mission de service public. Il ajoute par ailleurs que le groupe «ne ménagera aucun effort pour soutenir les exploitants des régions sinistrées afin qu’ils redémarrent dans de bonnes conditions».