Une délégation officielle ghanéenne s’est rendue cette semaine au Maroc pour s’informer de l’expérience du Royaume en matière de réglementation et d’organisation des activités légales liées au cannabis.
La délégation a tenu des réunions avec les responsables de l’Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis (ANRAC), portant sur le cadre juridique en vigueur, les mécanismes d’octroi des licences, ainsi que les dispositifs de contrôle et de suivi de la chaîne de production et de transformation.
Des visites techniques ont également été organisées auprès de l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé, ainsi que dans plusieurs unités industrielles et pharmaceutiques, afin de présenter les procédures d’enregistrement des produits et les normes appliquées à la fabrication de dérivés du cannabis destinés à des usages médicaux et pharmaceutiques.
Le programme de la mission comprend aussi des rencontres de terrain avec des agriculteurs, des coopératives et des opérateurs du secteur, permettant d’observer le fonctionnement du modèle marocain depuis la culture jusqu’à la commercialisation.
Cette visite intervient après des échanges institutionnels engagés en août 2025 entre la Commission ghanéenne de contrôle des stupéfiants (NACOC) et l’ambassade du Maroc à Accra, consacrés à l’examen du cadre réglementaire marocain et aux possibilités de coopération technique.
À cette occasion, les autorités ghanéennes avaient exprimé leur intérêt pour la conception des licences, l’organisation des coopératives agricoles, la certification des variétés et les systèmes de contrôle de la chaîne de production. Une coopération incluant des visites d’observation et des sessions de formation au Maroc avait alors été évoquée.
Le Ghana a modifié son cadre juridique en 2023 afin d’autoriser l’octroi de licences pour la culture de cannabis à faible teneur en THC, exclusivement à des fins industrielles et médicales. La délivrance des licences relève du ministère de l’Intérieur, tandis que la Commission de contrôle des stupéfiants assure la mise en œuvre et le contrôle opérationnel. L’usage récréatif du cannabis demeure interdit.
Au Maroc, la loi 13-21 promulguée en 2021 autorise la culture du cannabis à des fins médicales, pharmaceutiques et industrielles, tout en maintenant l’interdiction de l’usage récréatif. Le dispositif est supervisé par l’ANRAC, chargée de l’octroi des autorisations, du suivi des cultures, de la transformation et de la commercialisation dans les zones concernées.