Au Maroc, la solidarité constitue l’un des fondements du modèle social en construction, un axe structurant du Nouveau modèle de développement et, désormais, un levier de performance économique. Depuis sa nomination, le 23 octobre 2024, à la tête du ministère de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la Famille, Naima Ben Yahia s’inscrit dans cette dynamique avec l’objectif de faire de la cohésion sociale un investissement d’avenir.
Femme politique, Naima Ben Yahia est titulaire d’un master en relations internationales et diplomatie obtenu à l’Université Hassan II de Mohammedia. Son parcours, amorcé au milieu des années 2000, conjugue engagement institutionnel, expérience administrative et responsabilité parlementaire. De 2006 à 2011, elle occupe le poste de directrice du département chargé des Affaires de la femme, de l’Enfance et de la Famille au sein de l’Administration.
Cette expérience professionnelle la place au cœur des politiques sociales et au contact direct des réalités de terrain et des attentes des populations vulnérables. Elue députée à la Chambre des représentants sous les couleurs du Parti de l’Istiqlal entre 2011 et 2016, elle préside durant son mandat le groupe thématique parlementaire sur la parité et l’égalité. Cette expérience législative lui permet de consolider son expertise sur les questions d’inclusion, d’équité et de droits des femmes.
En 2018, elle est nommée directrice de la Fondation pour la promotion des œuvres sociales du personnel du ministère de la Jeunesse et des Sports, fonction qu’elle exerce jusqu’en 2023. Elle y approfondit sa maîtrise des mécanismes de gouvernance sociale et de gestion des dispositifs d’accompagnement. Ce cheminement progressif, jalonné de responsabilités complémentaires, a façonné une approche institutionnelle structurée des problématiques sociales. Sa proximité avec les acteurs locaux, les associations et les coopératives a contribué à affiner une vision pragmatique de l’inclusion, loin des postures abstraites.
Une solidarité orientée vers l’autonomisation
Depuis son entrée au gouvernement, l’action de Naima Ben Yahia s’inscrit dans le prolongement des grands chantiers de l’Etat social engagés au Maroc. L’élargissement de la protection sociale, le renforcement des mécanismes d’appui aux familles vulnérables et la structuration de l’économie sociale et solidaire figurent parmi les axes prioritaires de son département, en coordination étroite avec les ministères concernés.
Sur le plan de la protection sociale, le ministère a consolidé les dispositifs de prise en charge des femmes victimes de violence, multiplié les campagnes de sensibilisation et renforcé les centres d’accueil et d’écoute à l’échelle régionale. Toutefois, l’action ne se limite pas à la dimension protectrice. Elle ambitionne d’aller au-delà de l’assistance pour promouvoir l’autonomisation économique. L’insertion par l’activité génératrice de revenus, l’accompagnement des coopératives féminines et la valorisation des initiatives relevant de l’économie sociale et solidaire constituent des piliers de cette orientation. Son objectif est de transformer l’assistance en opportunités productive et inscrire les populations vulnérables dans des circuits économiques durables.
La participation active du Maroc aux forums internationaux relatifs aux droits des femmes et aux personnes en situation de handicap témoigne également d’une volonté de positionner le pays comme un acteur engagé sur les enjeux d’inclusion. La représentation du Royaume lors des sessions onusiennes consacrées à la condition de la femme traduit cette ambition de conjuguer diplomatie sociale et stratégie nationale d’autonomisation économique.
La préparation de la première stratégie nationale de la famille constitue une étape majeure. L’enjeu dépasse la sphère domestique : il s’agit d’adapter les politiques publiques aux mutations démographiques, à la recomposition du marché du travail et aux défis liés au pouvoir d’achat. Soutenir la famille, c’est soutenir la stabilité sociale, mais aussi consolider la base productive et la demande intérieure. Le ministère s’est également impliqué dans les Assises nationales de l’économie sociale et solidaire, secteur qui représente un potentiel non négligeable en termes d’emploi, notamment pour les femmes et les jeunes en milieu rural.
À travers l’encadrement des coopératives, l’amélioration de l’accès au financement et la structuration des filières, l’action de la ministre vise à faire de ce segment un levier complémentaire de croissance inclusive. Dans un contexte marqué par des attentes sociales élevées, la démarche privilégie une gestion graduelle, articulée avec les priorités du Nouveau modèle de développement. Comme l’a souligné la ministre lors d’une rencontre institutionnelle, «la cohésion sociale n’est pas un coût, elle constitue un investissement durable pour la stabilité et la compétitivité du pays».
À l’heure où le Maroc consolide son État social, la trajectoire engagée par le département de la Solidarité traduit une conviction de fond : l’inclusion n’est pas un correctif, elle est une condition de la croissance. Good job Mme la ministre !
F.Z Ouriaghli