Notation Moody’s : le Maroc consolide sa stature auprès des investisseurs

Notation Moody’s : le Maroc consolide sa stature auprès des investisseurs

L’agence de notation Moody's a relevé de stable à positive la perspective de la note Ba1 du Maroc pour sa dette longue en devises et en Dirham. Un signal encourageant quant à l’évolution de la qualité de crédit du Royaume dans un contexte international toujours incertain.

 

Par J. M.

Dans son rapport publié le 6 mars, Moody’s met en avant l’amélioration des perspectives de croissance du Maroc, portée notamment par la dynamique de l’investissement, la poursuite des réformes structurelles et les efforts de consolidation budgétaire.

Des facteurs qui contribuent à renforcer la résilience de l’économie nationale. L’agence souligne par ailleurs que la perspective de la dette longue, en devises comme en Dirham, demeure soutenue par un niveau adéquat des réserves de change ainsi que par un accès satisfaisant aux sources de financement, aussi bien sur le marché domestique que sur les marchés internationaux.

Malgré le contexte international toujours empreint d’incertitudes, cette reconnaissance de la résilience du modèle marocain vient conforter des perspectives déjà encourageantes de l’économie nationale pour 2026.

Les avoirs en réserve ont atteint 452,6 milliards de dirhams sur le premier mois de l’année, représentant l’équivalent de 5 mois et 19 jours d’importations de biens et services, et devraient se renforcer à 473,4 milliards courant 2026, puis à 482,1 milliards en 2027, selon les prévisions de Bank Al-Maghrib. Quant au besoin de financement du Trésor, ils ont été couverts par des ressources intérieures d’un montant net de 14,1 milliards de DH et par un flux net extérieur de 1,4 milliard de dirhams.

«Le timing joue clairement en faveur du Maroc; c'est un signal de résilience qui montre que, malgré un environnement régional perçu comme risqué, les fondamentaux macroéconomiques du Maroc restent solides, mais également que le pays est capable de maintenir le cap des réformes lancées. Aux yeux des investisseurs internationaux, cela distingue le Maroc d'autres émetteurs de la zone MENA plus exposés aux chocs politiques ou budgétaires», souligne Sara Sbai, consultante internationale senior en finance d'entreprise, stratégie et gestion des risques.

Prime de risque et base d’investisseurs

Sur les marchés, la révision de la perspective pourrait contribuer à alléger la prime de risque exigée par les investisseurs sur les émissions de maturité longue du Trésor. «Dans une région marquée par l'incertitude, cette révision positive consolide aussi l'image du Maroc comme pilier de stabilité et hub entre l'Europe, l'Afrique et le monde arabe, tout en contribuant, à moyen terme, à réduire la prime de risque exigée par les marchés. Elle ne transforme pas immédiatement le profil de financement du pays, mais elle améliore la perception globale du risque souverain marocain», souligne Sbai.

Par ailleurs, rajoute-t-elle, «elle pourrait également élargir la base d'investisseurs, sachant que certains gérants ont des contraintes strictes en termes de notation minimale. En outre, la capacité du Trésor à accéder aux marchés internationaux dans les meilleures conditions de maturité et de coût, surtout lors des prochaines fenêtres d'émission, pourrait être renforcée». Parallèlement à ces effets, le climat favorable du crédit souverain marocain aurait tendance à se propager aux entreprises et institutions financières nationales faisant recours aux marchés de capitaux étrangers.

«Une meilleure signature souveraine bénéficie, par ricochet, aux banques et aux grandes entreprises marocaines qui se financent en devises. Un Etat mieux noté tend à améliorer les conditions de financement externe des émetteurs privés et à renforcer la crédibilité des entreprises marocaines dans leurs projets d'expansion régionale, notamment en Afrique subsaharienne», conclut notre interlocutrice. 

 

 

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