Les prix du pétrole retrouvent des niveaux élevés. Le baril de Brent évolue autour de 90 dollars, dans un contexte de tensions au Moyen-Orient qui ravivent les craintes d’un nouveau choc énergétique. Pour un pays comme le Maroc, très dépendant des importations de pétrole, cette hausse pourrait vite se faire sentir dans les prix et peser sur l’économie. En effet, près de 90 % des besoins énergétiques du Maroc sont importés, principalement sous forme de pétrole et de produits raffinés, selon le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable.
Cette dépendance rend l’économie nationale particulièrement sensible aux fluctuations des marchés internationaux. Chaque hausse significative du baril se répercute mécaniquement sur la facture énergétique du pays. Selon les données publiées par l’Office des Changes, elle s’est établie à 107,5 milliards de dirhams en 2025.
Même si ce niveau reste inférieur aux pics observés lors des précédentes crises, il représente une part importante des importations totales du Maroc. Lorsque les prix du pétrole s’envolent, cette facture augmente rapidement, ce qui contribue à creuser le déficit commercial et à exercer une pression sur les équilibres extérieurs.
Un impact direct sur les prix et le transport
La flambée du pétrole pourrait également avoir des répercussions sur l’économie réelle, notamment à travers les prix des carburants. Selon les distributeurs pétroliers, le prix du gasoil pourrait bientôt connaître une hausse significative, pouvant atteindre environ 13 dirhams le litre, soit une augmentation d’environ deux dirhams par litre. Cette hausse du pétrole pèse directement sur le transport des marchandises et l’ensemble de la chaîne économique, faisant grimper les prix à la consommation.
Les ménages, déjà confrontés à une inflation persistante, même si elle reste modérée avec un indice des prix à la consommation autour de 0,3 % à 0,8 %, pourraient voir leur budget encore plus affecté si le pétrole continue de grimper.
Le spectre d’un nouveau choc pétrolier
À l’échelle mondiale, les marchés restent extrêmement sensibles aux tensions géopolitiques, notamment autour des routes stratégiques d’exportation du pétrole.
Le détroit d’Ormuz, par exemple, constitue un passage clé pour le commerce mondial d’hydrocarbures. Près de 20 % du pétrole consommé dans le monde transite par ce corridor maritime, ce qui explique la nervosité des marchés en cas d’escalade militaire dans la région. Certains analystes n’excluent pas un scénario plus extrême si les tensions venaient à perturber durablement l’offre mondiale.
Une pression supplémentaire sur la balance commerciale
Pour le Maroc, la hausse du pétrole agit comme un multiplicateur de déséquilibres extérieurs. Le pays reste structurellement importateur net d’énergie. Lorsque les cours s’envolent, les importations augmentent mécaniquement, ce qui peut accentuer le déficit commercial.
D’après les données économiques et les analystes, les variations du prix du pétrole ont un impact significatif sur la balance commerciale du Maroc, car le pays importe une grande partie de son énergie. Cette réalité fait de la sécurité énergétique un enjeu stratégique pour l’économie nationale.
Face à cette vulnérabilité, le Maroc accélère depuis plusieurs années sa stratégie de diversification énergétique. Le pays s’appuie notamment sur le développement des énergies renouvelables. Les capacités installées en énergie solaire, éolienne et hydraulique représentent désormais environ 45 % du mix électrique national. L’objectif fixé est d’atteindre 52 % de capacités renouvelables à l’horizon 2030, afin de réduire la dépendance du pays aux hydrocarbures importés.
Au-delà des enjeux climatiques, cette transition vise aussi à renforcer la résilience de l’économie marocaine face aux chocs énergétiques mondiaux. À court terme, l’évolution des prix du pétrole dépendra principalement de la situation géopolitique au Moyen-Orient et de la capacité des grands producteurs à stabiliser l’offre mondiale.